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Production bovine En 2010, les cours du bœuf ont flambé partout... sauf en Europe

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Une demande croissante des pays tiers et une production qui ne suit pas caractérisent le marché mondial de la viande bovine en 2010. Les prix ont monté, mais l’Union européenne n’en profitera que vers la fin de l’année.

Durant l’année 2010, les cours de la viande bovine s’enflamment... sauf en Europe, comme le titre parfaitement le département économie de l’Institut de l’élevage dans son dossier de novembre, publié récemment. Les pays émergents ont faim de viande de bœuf, « aussi bien dans les pays gros consommateurs d’Amérique latine, que là où la viande bovine est plus marginale comme en Afrique du Nord, au Moyen Orient et en Asie », souligne l’Institut de l’élevage. « Iran, Egypte, Liban, Jordanie, Israël, Corée du Sud, Chine mais aussi Vietnam, Indonésie, Philippines, Malaisie sont des marchés en croissance devenus incontournables. » La Russie importe aussi, contre la volonté du gouvernement. Seulement, « en Argentine, la production a chuté de plus de 20% après la décapitalisation massive de 2009 ». La situation est similaire en Uruguay, « bien que dans des proportions bien moindres ». L’Australie recapitalise aussi durant l’année grâce à la nette amélioration des pâturages après deux ans de sécheresse. Son offre à l’export est donc « amputée ».

Une situation de pénurie vouée à se poursuivre début 2011
Aussi, « les petites hausses de production au Brésil, en Amérique du Nord et en Europe n’ont pas suffit à combler le manque de viande au niveau mondial », résume l’Institut de l’élevage. « Dans ce contexte de baisse de production mondiale et de demande dynamique dans les pays émergents », les prix de la viande ont donc flambé, particulièrement au Mercosur. Et l’Union européenne dans tout cela ? Restée longtemps à l’écart, pénalisée par une demande morose et une production en hausse, « elle a cependant fini par voir ses prix tirés à la hausse en fin d’année ». Face à la flambée des cours, la viande bovine européenne est redevenue compétitive. Mais, conclut l’Institut de l’élevage, « on peut difficilement s’attendre à une défaillance durable des fournisseurs du Mercosur et la faim de bœuf pourrait bien finir par pâtir de la hausse des prix répercutée au détail, d’autant que les prix des céréales, base de l’alimentation, ont encore davantage flambé. » Pour le début 2011, cette situation de pénurie de viande« semble toutefois vouée à se poursuivre ». De plus l’envolée des céréales « pourrait redonner un avantage aux viandes de ruminants sur celles de porc ».

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