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Eau de surface En 2011, 93% des cours d’eau étudiés présentent au moins un pesticide

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Selon l’analyse du Commissariat général au développement durable, la contamination des cours d’eau par les pesticides se confirme en 2011, avec des concentrations en glyphosate et en AMPA, les molécules les plus retrouvées, orientées le plus souvent à la hausse.

C’est une confirmation plus qu’une nouvelle : la présence de pesticides dans l’eau en France est généralisée, selon les chiffres de 2011. Dans 93% des points de mesures des cours d’eau répartis sur le territoire français, des pesticides sont détectés, estime le Commissariat général au développement durable dans une publication sur la « contamination des cours d’eau par les pesticides en 2011 », parue le 23 juillet. C’est deux points de plus qu’en 2010. Sur les 550 pesticides recherchés en 2011, 377 sont décelés au moins une fois. En métropole, des herbicides sont essentiellement retrouvés, alors qu’outre-mer, les insecticides arrivent en tête. Seuls 7% des points de mesure des eaux de surface ne présentent pas de pesticides, essentiellement en zones peu agricoles ou peu intensives. Néanmoins, les quantités décelées dans les stations de mesures sont, dans 70% des cas, inférieures à la norme (0,5 microgrammes par mètre en concentration totale de pesticides). Les dépassements de ce seuil sont détectés « dans les régions céréalières, de maïsiculture ou de viticulture, notamment dans le bassin parisien, dans le Sud-Ouest et le long du Rhône, ou à tradition maraîchère, comme en Martinique et en Guadeloupe. » Enfin, « 17 points présentent une moyenne annuelle supérieure à 5 μg/l. Ces points se situent dans les zones de grande culture du nord de la France, du bassin parisien et du Sud-Ouest. »
 
Le glyphosate et ses dérivés en tête
En métropole, les molécules les plus retrouvées sont, dans l’ordre : l’AMPA (résidu de la dégradation du glyphosate), retrouvé dans 60% des analyses, le glyphosate (33%) et la déséthyl-atrazine, produit de dégradation de l’atrazine (interdite d’usage en 2003). Ces trois molécules tiennent le haut du panier depuis 2007. En revanche, l’évolution est inquiétante : sur 48% des points de mesure en métropole, les concentrations de glyphosate augmentent de plus de 10%, et ne diminuent que dans 25% des cas. Les concentrations d’AMPA sont en hausse de 10% dans 66% des points de mesure. La quatrième molécule retrouvée est le diuron, interdit fin 2008. En cutre-mer, le chlordécone, interdit depuis 1993 mais très persistant dans l’environnement, est la première molécule retrouvée. La situation est très différente en métropole, où seuls 4 % des points suivis dans les cours d’eau en 2011 font état d’un dépassement avéré de norme, généralement pour un seul pesticide, alors que les dépassements de norme concernent 74 % des points étudiés en Martinique et 16 % en Guadeloupe.

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