Selon le bilan dressé par l'Ania, les IAA connaissent toujours une érosion des marges qui fragilise les entreprises en termes d'investissements. Cependant, la production repart et le secteur recrute à nouveau sur fond de faiblesse des cours du pétrole et de l'euro.
Dans sa note de conjoncture de décembre 2015, publiée le 29 janvier, l'Ania brosse le portrait d'un secteur constitué d'entreprises fragilisées mais qui pourrait davantage profiter des opportunités qui s'offrent à lui. Les IAA, par exemple, n'ont pas assez bénéficié de la déprécia-tion de l'euro vis-à-vis du dollar (baisse de 20 % en 1 an) qui favorise la compétitivité des produits à l'export.
Les entreprises sont en petite forme : « Les marges restent à un niveau très faible, qui demeure inobservé depuis près de 40 ans », note l'Ania. L'investissement est à l'arrêt (+1 %). Et de détailler les difficultés auxquelles les opérateurs du secteurs sont confrontés : manque de visibilité réglementaire et fiscale, guerre des prix dans les GMS, faiblesse de la trésorerie. « Le contexte géopolitique et économique agité limite les performances à l'export : l'embargo russe, la directive chinoise et le climat économique globalement maussade des pays émergents (Chine, Russie et Brésil)
pénalisent la demande étrangè re de produits agroalimentaires. » Le solde commercial est excédentaire en 2015 de 8 Mrd€, mais si l'on retire les boissons et les tabacs, il est déficitaire (-3,4 Mrd€ en novembre 2015 contre - 2,8 Mrd€ en 2014).
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Toutefois, « en 2015, les effets favorables du CICE et de la chute du prix du pétrole contribuent à enrayer la chute du taux de marge, globalement visible depuis 2007 », note l'Ania. En 2016, les IAA ont quelques raisons d'espérer améliorer leur situation : la production est repartie à la hausse (+0,8% à fin novembre sur un an) et l'emploi a redémarré avec 2500 emplois créés sur les neuf premiers mois de l'année. « Mais la baisse du prix du pétrole, qui stimule le pouvoir d'achat des ménages, a permis une reprise de la consommation en 2015 (+2,1%), qui reste toutefois plus faible dans l'alimentaire (+1,1%) que dans d'autres secteurs. Ceci tend à prouver que la faiblesse persistante de l'inflation alimentaire ne stimule pas la consommation », selon l'Ania.
Le chiffre d'affaires de la grande distribution alimentaire fléchit progressivement sur un an pour s'établir à - 1,1% en novembre. Le niveau de déflation est presque identique en 2015 par rapport à 2014 : -1,2% en 2015, - 1,3% en 2015. En décembre 2015, les prix étaient en baisse pour le trentième mois consécutif, conséquence de la guerre des prix entre les enseignes. Un phénomène qui a des répercussions sur le taux de marge, en baisse de trois points depuis 2013 : il s'établit à un niveau jamais observé depuis 1974.