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Prospective En 2030, il faudra choisir entre exportations, biocarburants et protéines

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L’énergie sera une des contraintes les plus fortes pour l’agriculture dans les décennies à venir. Le centre d’étude et de prospective du ministère de l’Agriculture a imaginé 4 scénarios d’évolution possible de l’agriculture à l’horizon 2030 pour identifier les mesures les plus stratégiques à mettre en œuvre afin de s’adapter à cette situation. La maîtrise de la fertilisation, l’autonomie en alimentation animale, le développement de la méthanisation et l’amélioration de la logistique ressortent comme les principales actions à encourager.

Le centre d’étude et prospective du ministère de l’Agriculture a présenté mercredi 19 janvier sa prospective Agriculture énergie 2030. Les experts ont mis sur pied 4 scénarios extrêmes d’évolution du prix et de la disponibilité en énergies pour identifier des leviers d’actions applicables quelle que soit la situation en 2030. Chacun conduit à des économies d’énergies par rapport à l’année de référence 2006. Mais en l’absence de mobilisation forte des acteurs, la dépendance aux énergies fossiles reste importante. La plupart de ces scénarios prévoient une baisse de production de la « ferme France ». « Qu’il faille produire plus à l’échelle planétaire c’est évident. En Europe ? Pas forcément, estime Julien Vert, chef du bureau de la prospective et de la stratégie du ministère de l’Agriculture. C’est déjà un défi énorme à relever de décarboner l’agriculture tout en maintenant la production ».

Autonomie

« Il faudra faire des choix entre capacité exportatrice, production de biocarburants et autonomie protéique », souligne Julien Vert. Les principales pistes d’action mises en avant par cette analyse pour réduire la dépendance énergétique de l’agriculture sont la maîtrise de la fertilisation (introduction de légumineuses notamment) et la recherche d’autonomie des exploitations vis-à-vis de l’alimentation animale. Jean-Marc Meynard, chef du département sciences pour l’action et le développement de l’Inra, tire des enseignements positifs de ce travail : « Un certain nombre de mesures qui permettent de réduire la consommation énergétique des exploitations se rapprochent de celles qui sont préconisées par Ecophyto comme l’augmentation des surfaces de légumineuses et la baisse de l’utilisation d’azote minéral ». Le chercheur regrette par contre que « sur les exploitations autonomes, que la recherche publique n’y soit pas allé assez tôt et qu’encore aujourd’hui les moyens soient insuffisants ».

Logistique

Le développement de la méthanisation est également un levier important que ce soit pour réduire les achats d’azote minéral ou améliorer l’autonomie énergétique des exploitations. Sur le poste machinisme également des efforts peuvent être réalisés : équipements économes, mutualisation des achats et alternatives aux labours. La prospective montre aussi que l’optimisation de la logistique, notamment pour les circuits courts, constituerait un gain majeur d’énergie. « Le débat de l’énergie et du circuit court, il va falloir l’avoir », confirme Denis Olivier, chef du service agriculture innovante et développement durable du réseau Trame. « Il faut trouver des solutions d’optimisation, et la logistique c’est la clef ».

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