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Prospective En 2050, la production agricole suivra mais les déséquilibres resteront

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Pour les chercheurs de l’Inra et du Cirad, nourrir 9 milliards d’individus en 2050 est possible même dans le respect des ressources naturelles. Ainsi le montre la recherche prospective Agrimonde, publiée dans sa version anglaise le 12 janvier. Certaines grandes régions resteront déficitaires en alimentation (Afrique, Asie). Des investissements dans l’agriculture sont bien sûr essentiels mais les échanges internationaux continueront à être indispensables. D’où la nécessité de réguler les marchés.

La population mondiale vient de dépasser les 7 milliards d’habitants. « Les prévisions malthusiennes se sont révélées fausses, a souligné Bruno Dorin, directeur de recherche du Cirad, mercredi 12 janvier lors d’une conférence de presse à Paris. Nous ne sommes pas dans une situation de famine générale, nous avons été capables d’augmenter la production pour nourrir le monde ». En 2050, quand la population mondiale aura atteint 9 milliards d’individus, une fois encore « le principal défi ne sera pas le manque de production mais son accès pour les populations », confirme Sandrine Paillard, économiste de l’Inra et coordinatrice de la prospective Agrimonde. Ce programme de recherche emmené par l’Inra et le Cirad, dont la version en anglais – pour une meilleure diffusion internationale – a été présentée mercredi 12 janvier, évalue la capacité de l’agriculture à répondre au défi alimentaire selon deux scenarios. Les chercheurs estiment qu’au rythme actuel de la croissance économique, l’agriculture pourra nourrir le monde au prix d’une dégradation très importante de l’environnement. Par contre, en changeant les modes de consommation des pays de l’OCDE, l’agriculture dite à haute valeur environnementale pourrait répondre aux enjeux alimentaires de 2050 par une augmentation de « seulement » 28% de la production.

Afrique, Asie : des régions en déficit structurel
L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont aujourd’hui les zones du monde les plus déficitaires en aliments rapportés à la kilocalorie (Kcal). Suivent l’Afrique sub-saharienne et l’Asie. En 2050, quel que soit le scénario d’évolution, ces trois grandes régions resteront fortement déficitaires. Avec l’augmentation massive de leur population (notamment dans les villes), ce déficit va même se creuser. Il manquera environ 2 200 milliards de Kcal (GKcal) au Maghreb et au Moyen-Orient, 1 300 à 4 000 GKcal en Afrique sub-saharienne et 900 à 3 000 GKcal en Asie. A l’opposé, la productions dans les pays de l’OCDE, l’Amérique latine et l’ex-URSS restera excédentaire. Pour Sandrine Paillard, « il faut donc des règles commerciales qui garantissent la sécurité alimentaire car le développement agricole est plus long à mettre en œuvre ». Il n’empêche que « les investissements dans l’agriculture des pays en développement auront un impact très important sur les équilibres futurs », prévient-elle.

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