En clôture du congrès de l’organisation des producteurs de grains (Coordination rurale) le 24 janvier, son président Nicolas Jaquet a, dans son discours, commencé par dénoncer les deux plans de filières "grains". « Ces plans ne défendent pas les producteurs » et ils « mettent en péril la crédibilité des États généraux de l’alimentation », estime-t-il. Pour le syndicat, ces deux plans ne sont pas à la hauteur des autres plans de filière, car trop tournés vers l’export (céréales) et vers la transformation (oléoprotéagineux). « Nous ne voyons pas comment ces EGA vont aboutir à une hausse du revenu des producteurs », étaye son directeur Jacques Commère.
L’OPG souligne que la stratégie choisie par le gouvernement d’une réflexion par filière autour de la répartition de la valeur et du revenu du producteur est plus aisée dans des filières courtes et plutôt destinées au marché national, comme les fruits et les légumes, que dans des filières fortement transformatrices comme les oléoprotéagineux ou très tournées vers l’export comme les céréales.
Dans la filière des oléoprotéagineux, l’OPG continue d’être très critique sur la stratégie de transformation en biocarburants choisie par la filière française, estimant qu’elle ne permet pas aux agriculteurs d’être payés au meilleur prix ; plus conjoncturellement, elle estime actuellement que cette stratégie est condamnée par les mauvaises perspectives annoncées pour le diesel, citant le projet d’interdiction de ce carburant à Paris. L’OPG est également longuement revenue sur la compétitivité des coopératives du secteur. Elle estime que ces coopératives offrent de moins bons prix que certains négociants par exemple, car fonctionnant avec des coûts de structure plus élevés.
Nicolas Jaquet a poursuivi en mettant en avant la concurrence de plus en plus forte de l’Ukraine et de la Russie. « D’ici cinq ans, ils pourront produire à 50 €/t de moins qu’actuellement », estime-t-il. Et de conclure sur une demande d'« exception agriculturelle » en Europe, c’est-à-dire de protection plus forte de l’agriculture aux frontières de l’UE, ainsi qu’une meilleure régulation du marché.
« Ces plans de filières ne défendent pas les producteurs »