Abonné

Produits alimentaires En décembre, la croissance se poursuit mais au ralenti, selon la Banque de France

- - 8 min

En décembre, la production des industries agroalimentaires a poursuivi sa progression, mais à un rythme inférieur à celui du mois précédent. Les entrées de commandes ont ralenti, notamment sur le marché intérieur. Le niveau des stocks est satisfaisant et les perspectives à court terme favorables, indique la dernière Note de conjoncture de la Banque de France.

Industrie des viandes

Les indicateurs d’activité et de commandes ont fléchi par rapport au mois de novembre 2004. Sur le marché intérieur, l’évolution défavorable de la consommation est essentiellement imputable au repli de la demande de viandes de boucherie. Les prix des matières premières ont augmenté, sous l’effet de l’insuffisance de l’offre d’animaux. Les barèmes ont été revalorisés avec la mise en vente de produits festifs à forte valeur ajoutée. Les stocks sont jugés conformes à la normale au regard de carnets un peu faibles. L’évolution des marges a été globalement défavorable mais a différé selon les fabrications : dégradation dans les filières porcine et bovine, stabilité dans les secteurs ovin et vitellier, amélioration dans l’industrie avicole. Une reprise modérée de l’activité est prévue au cours des prochains mois.

– Viandes de boucherie : en légère hausse à un an d’écart, la production, les livraisons et les enregistrements de commandes ont diminué en moyenne par rapport au mois de novembre. Mais l’activité a diversement évolué selon les fabrications : baisse saisonnière dans la filière bovine, stabilité dans les secteurs vitellier et porcin, hausse dans la filière ovine. Les industriels ont été confrontés à une diminution de l’offre d’animaux qui entraîné une hausse de leurs cours d’achat. Les prix des produits finis n’ont guère varié compte tenu de la pression exercée par la grande distribution. Les exportations ont également reculé sous l’effet d’une concurrence européenne de plus en plus forte. Les stocks de produits finis apparaissent un peu faibles face à des carnets de commandes estimés insuffisants. Pour les prochaines semaines, une progression de l’activité est attendue avec les opérations promotionnelles sur la viande de porc organisées en janvier par la grande distribution et la reprise des commandes de viande de bœuf de la restauration collective après les fêtes de fin d’année.

– Viandes de volailles : les indicateurs d’activité ont progressé d’un mois à l’autre et sont proches de leur niveau de décembre 2003. La demande intérieure a été dynamique, notamment en produits festifs. Les exportations ont progressé grâce au renforcement des courants d’ordres des pays du Moyen-Orient. Les cours des matières premières ont diminué (baisse des prix des céréales) alors que les barèmes n’ont guère varié. Les stocks sont conformes à la normale face à des carnets un peu étroits. L’activité devrait cependant se replier à court terme.

Préparation industrielle de produits à base de viandes : les volumes fabriqués et livrés ont progressé par rapport aux deux périodes de référence, sous l’effet de l’accroissement de la demande en produits traiteurs et festifs. Les cours des matières premières ont augmenté alors que les prix de vente n’ont pas varié. Les stocks sont un peu faibles face à des carnets conformes à la normale. L’activité ne devrait guère s’écarter de son niveau actuel au cours des prochains mois.

Industrie laitière

En décembre, les volumes fabriqués ont progressé par rapport au mois précédent alors que les livraisons sont restées stables et que les enregistrements de commandes ont fléchi. L’augmentation de l’activité est surtout la conséquence d’un accroissement de la collecte laitière. Alors que les coûts d’achat des matières premières sont restés stables, certains industriels ont dû accorder des remises tarifaires pour écouler leurs produits. Les marges se sont donc dégradées. Dans l’ensemble, les stocks demeurent jugés excédentaires même si les carnets sont estimés conformes à la normale. Les prévisions à court terme s’orientent vers un léger fléchissement de l’activité, dans la mesure où pourrait intervenir une diminution de la collecte de lait.

Lait liquide, produits frais et autres produits laitiers : en recul à un an d’écart, la production a fléchi par rapport au mois de novembre. Dans un contexte d’accroissement de la collecte et de diminution de la consommation de lait de plus forte ampleur que la tendance saisonnière habituelle, les industriels ont dû augmenter leurs fabrications de poudres et les stocker en partie, faute de débouchés, en dépit d’importantes concessions tarifaires. Les exportations ont reculé sous l’effet de l’accroissement de l’offre mondiale (Argentine et Nouvelle-Zélande) alors que généralement les produits européens ont été pénalisés par la baisse du dollar. À un an d’intervalle, les indicateurs d’activité et de commandes ont baissé. Les stocks ont continué à se renforcer et demeurent d’un niveau estimé excessif compte tenu de l’insuffisance des carnets. Pour les prochains mois, l’activité devrait rester stable, pour peu que la reprise des courants d’ordres dans le secteur des produits de grande consommation permette de compenser le repli attendu de la production de poudres.

Beurre: d’un mois à l’autre, la production n’a guère varié mais les volumes livrés et les commandes ont progressé. Cette évolution favorable a été permise par la croissance de la demande intérieure et européenne. Cependant, les stocks de produits finis restent estimés trop importants compte tenu de la faiblesse des carnets de commandes. Les prévisions font état d’un maintien des fabrications à court terme.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

consommation
Suivi
Suivre

Fromages: la production a légèrement augmenté par rapport au mois de novembre pour faire face à la progression des livraisons et de la demande, notamment en provenance de l’étranger. Certains industriels ont dû cependant accorder des ristournes pour pouvoir écouler leurs fabrications. À un an d’intervalle, les indicateurs d’activité n’ont guère varié. Les stocks de produits finis apparaissent un peu faibles alors que les carnets de commandes sont correctement garnis. Conformément à la saisonnalité, les rythmes de production ne devraient pas s’écarter de leur niveau actuel au cours des prochains mois.

Autres industries alimentaires

Fabrication industrielle de pain : en décembre, les volumes produits sont demeurés stables alors que les livraisons ont modérément progressé. Il en est résulté une diminution des stocks de produits finis qui apparaissent globalement proches des normes saisonnières. La demande s’est renforcée sur le marché intérieur et, dans une moindre mesure, à l’exportation. Les carnets sont jugés satisfaisants. Une reprise des fabrications est attendue à terme rapproché.

Fabrication industrielle de pain et pâtisserie fraîche : bénéficiant d’une demande soutenue, notamment en produits festifs, l’activité s’est inscrite en hausse par rapport aux deux périodes de référence. L’accroissement des livraisons, supérieur à celui de la production, a entraîné une réduction des stocks, estimés maintenant un peu inférieurs à la normale. Compte tenu de carnets jugés satisfaisants, les fabrications devraient augmenter modérément à terme rapproché.

Travail des grains ; aliments pour animaux : les volumes produits sont demeurés globalement stables tandis que les livraisons progressaient quelque peu par rapport aux deux périodes de référence. D’un mois à l’autre, la demande, mieux orientée à l’exportation que sur le marché intérieur, s’est renforcée, en particulier en meunerie. Les stocks de produits finis sont considérés comme un peu faibles, excepté en alimentation pour animaux de ferme. Les carnets sont jugés normaux dans le secteur de la meunerie mais étroits dans celui de l’alimentation animale. À court terme, la production devrait s’inscrire en légère hausse.

Chocolaterie, confiserie : en hausse à un an d’écart, l’activité a enregistré un net recul par rapport au mois de novembre, en raison principalement de l’achèvement de la campagne des chocolats de Noël et de la fermeture de nombreuses usines en fin d’année. Les prises d’ordres ont fléchi sur les marchés étrangers, les carnets de commandes restant toutefois estimés satisfaisants. Une reprise technique de la production est attendue en janvier.

– I ndustrie des fruits et légumes : les volumes produits se sont inscrits en légère baisse saisonnière, du fait notamment de l’arrêt de certaines chaînes en fin d’année. Parfois assurées par le déstockage de produits finis (en particulier dans la transformation de légumes), les livraisons ont progressé, excepté dans la transformation de pommes de terre. La demande s’est renforcée, sur marché intérieur et à l’exportation, mais les carnets, bien garnis dans la transformation de fruits, restent jugés étroits dans les autres fabrications. Une reprise modérée est escomptée prochainement.