Le pôle alimentaire de la coopérative du Sud-Ouest montre une certaine résilience alors qu’il a été confronté à la crise de l’influenza aviaire et aux attentats. Montfort, Qualité Traiteur, Rougié et Jean Stalaven et les activités annexes réalisent en 2015/16 un chiffre d’affaires de 492 millions d’euros, en léger retrait, et un Ebitda de 7,7 millions d’euros, en progression.
Le pôle alimentaire, l’un des deux principaux piliers de l’activité d’Euralis avec les activités agricoles, a subi de plein fouet une conjoncture difficile. « Ce fut un exercice riche en vents contraires », résume Alain Tapie, directeur général du pôle alimentaire d’Euralis. L’exercice 2015/2016 (clos le 31 août) a en effet été marqué par les attentats de novembre à Paris, mars à Bruxelles et juillet à Nice qui ont malmené la fréquentation des restaurants, mais aussi par le vide sanitaire suite à l’épizootie de grippe aviaire qui a fait passer le nombre de canards de 4,5 millions à 3,3 millions. Le chiffre d’affaires du pôle alimentaire s’est affiché en baisse de 7 millions d’euros à 492 millions d’euros (dont 58% avec les marques Montfort, Rougié, Jean Stalaven et Qualité Traiteur), mais l’Ebitda est en hausse, passant de 6,9 millions d’euros à 7,7 millions d’euros. « Nous sommes globalement assez satisfaits des résultats qui montrent la résilience de notre modèle », affirme Alain Tapie.
Un modèle jugé résilient et solide
Pour expliquer l’amélioration de la rentabilité, Alain Tapie estime qu’elle est le fruit d’une stratégie initiée depuis plusieurs années en faveur des activités stratégiques. « L’Ebitda du pôle alimentaire se redresse depuis 4 ans. On a été ralentis cette année mais on va reprendre notre rythme », souligne-t-il. Les nouveaux produits y occupent une place de choix comme, par exemple, les salaisons sèches réalisées dans le site aveyronnais d’Euralis : les « saucissons de villages » (petites pièces) sous la marque Jean Stalaven enregistrent un doublement de leur chiffre d’affaires auprès des bouchers, charcutiers et traiteurs (BCT). Les ventes de Jean Stalaven (80 millions d’euros) sont en hausse de 3% sur un marché stable, grâce à son « efficacité organisationnelle et commerciale », selon Alain Tapie. Le développement du commerce de proximité proposant des produits qualitatifs est aussi un facteur favorable.
L’amélioration du catalogue des produits Rougié (100 millions d’euros de chiffre d’affaires) a permis des résultats satisfaisants sur la France (+1%, alors que le marché des restaurants est en fort recul) et à l’international (+2%). Euralis place de grands espoirs sur sa production chinoise pour le marché local où les ventes sont en hausse de 80% (70% de taux de recommande). De 200 000 canards actuellement, la coopérative compte arriver à un million d’ici cinq à dix ans.
Des bassins de production bien utiles en cas de crise sanitaire
Pour amortir la fermeture des marchés aux produits issus des zones touchées par l’épizootie, qui a engendré des pertes de chiffre d’affaires de 17 millions d’euros sur le canard et 5 millions sur la volaille, Euralis a pu s’appuyer sur ses différents bassins de production. « Par exemple, la Bulgarie a alimenté le Japon en foie gras Rougié, explique Alain Tapie. Les produits sont de même qualité que ceux confectionnés en France grâce à un cahier des charges identique, et c’est ce qui compte pour les clients restaurateurs. » Toutefois, les capacités de production hors de France restent limitées puisqu’Euralis produit seulement 15% de ses canards en Bulgarie, au Canada et en Chine.
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Pour l’exercice en cours, Alain Tapie estime qu’il sera clairement placé sous le signe de l’innovation. En GMS, Montfort lancera en février un « tendre magret », une première obtenue grâce au barattage de la viande. Pour la restauration, une « innovation de rupture » sera lancée sur le marché des sauces avec un produit surgelé permettant d’obtenir une « qualité jamais égalée ». Pour ces nouveaux produits stratégiques, le pôle alimentaire d’Euralis investira 5 millions d’euros dans ses différents sites industriels.
Titre infographie : Malgré un chiffre d’affaires brut du groupe qui recule de 4,5% en 2015/16, la performance opérationnelle est préservée, estime Euralis.
Sous l’infographie :
Source : Euralis
(Ces résultats seront soumis à l’approbation de l’assemblée générale d’Euralis Coop du 10 février 2017).