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Résultats/Réorganisation En difficulté, Unilever change de structure de direction

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Unilever, qui peine depuis plusieurs mois à réaliser ses objectifs, a annoncé le 10 février une simplification de sa structure de direction d’ici le 1er avril, avec un p.-d.g. unique, basé à Londres. Le Français Patrick Cescau, patron de la branche britannique du groupe, devient ainsi le directeur général du groupe. Le géant anglo-néerlandais a présenté un bénéfice net 2004 en baisse de 31 % à 1,9 milliard d’euros et un chiffre d’affaires en recul de 2 % à 42,023 milliards d’euros.

Alors que la fusion de son principal concurrent, Procter & Gamble, avec Gillette, l’a détrôné de son rang de numéro un mondial des produits de grande consommation, le groupe Unilever a décidé de simplifier sa structure. En mettant fin à la direction bicéphale en place depuis 75 ans, c’est une véritable révolution que le groupe anglo-néerlandais opère aujourd’hui : d’un système de cohabitation avec deux présidents, l’un basé à Londres l’autre à Amsterdam, Unilever passe à une direction unique. C’est le Français Patrick Cescau, numéro un de la société britannique depuis octobre dernier, qui devient le directeur général du groupe, tandis que l’actuel patron de la branche néerlandaise depuis 1999, Antony Burgams, reste en place en tant que président non opérationnel. En effet le conglomérat, qui travaille comme une seule et même entité, a la particularité de disposer de deux structures, Unilever NV à Amsterdam et Unilever Plc. à Londres, qui contrôlent en commun ou séparément ses filiales opérationnelles. Les deux entreprises seront toutefois maintenues et le groupe restera simultanément coté à Londres et à Amsterdam.

Bénéfice net en recul de 31 %

Cette décision, prise sous la pression des marchés financiers, intervient au moment de l’annonce de résultats décevants en 2004. En effet sur le dernier exercice, le bénéfice net d’Unilever a fondu de 31 %, à 1,9 milliard d’euros, en raison d’éléments exceptionnels portant sur 1,5 milliard d’euros, dont 650 millions pour ses activités Slim-Fast. Son chiffre d’affaires s’est quant à lui tassé de 2 % à 42,023 milliards d’euros, pour un résultat d’exploitation en recul de 6 % à 6,38 milliards. Si le groupe a fait des progrès depuis quatre ans, grâce à une restructuration, des ventes d’actifs et des achats de marques, et a réussi à se focaliser sur ses marques les plus fortes (le groupe est passé de 1500 à 400 marques phares), il n’a cependant pas réussi à réaliser son objectif de croissance interne de chiffre d’affaires de 5 à 6 %.

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Patrick Cescau a déjà annoncé des objectifs moins ambitieux qu’auparavant. Après l’échec du plan « Chemin de la croissance », le nouveau plan baptisé « Vitalité » table sur un cash-flow de 25 à 30 milliards d’euros et une prévision de croissance de 2 à 4 % d’ici 2010. Affirmant que sa réflexion sur la simplification de son fonctionnement n’est pas terminée, le groupe a franchi un premier pas pour rassurer les marchés.