Agra alimentation : Jusqu’ici les régions européennes n’ont pas eu vocation à se prononcer sur la Politique agricole commune. Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui ces mêmes régions réclament leur implication dans ce dossier ?
Jacques Auxiette : Compte tenu de l’importance qu’ont les fonds européens au niveau de la Pac sur l’économie des régions agricoles, agro-alimentaires mais aussi des questions environnementales il était tout à fait normal que nous prenions position dans la nouvelle politique agricole et agro-alimentaire en gestation. Cela a commencé à partir des quatre régions de l’Ouest de la France qui constituent le premier secteur agricole et agroalimentaire du monde qui ont donné leur point de vue. On a par la suite discuté de tout cela dans le cadre de l’Association des régions de France (ARF) et nous avons considéré que dans la mesure où nous étions tous adhérents de la CRPM Conférence des régions périphériques maritimes. – qui a l’oreille des institutions européennes –, nous devions avoir un débat européen sur la Pac. On l’a bien vu lors des débats que toutes les régions, tous les territoires n’ont pas les mêmes positions et les mêmes problèmes à résoudre. Par conséquent il est nécessaire qu’une nouvelle relation s’établisse entre l’UE et les régions qui sont tout à fait dépendantes de la Pac. Un chiffre pour les pays de la région de la Loire : c’est 720 millions d’euros qui nous viennent de l’UE, un peu plus de 60 millions de l’Etat et 20 millions de la région. Vous voyez donc l’impact que la Pac a sur notre région !
Des réponses que le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, et la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boël, vous ont données concernant la nécessaire implication des régions dans le débat sur la Pac, êtes-vous en mesure de dire qu’il y a de la part de l’UE une volonté de réserver une place dans le débat aux régions européennes ?
Madame Fischer-Boël a été très claire sur le fait qu’elle souhaite que les régions travaillent et s’expriment pour contribuer à l’élaboration de cette nouvelle politique agricole et alimentaire commune telle que nous le lui avons indiqué. Entre l’UE et les régions je crois qu’il y a déjà une tradition pour certains pays très importante et une grande partie de la mise en œuvre et des orientations concernant la Pac dépend du gouvernement français. Dans les propos que nous a tenus le ministre Michel Barnier il semble qu’il y ait des marges de progrès à faire pour établir un autre type de relation entre l’Etat et les régions françaises.
Voyez-vous un rôle spécifique pour l’agro-industrie – qui est très importante dans votre région – dans cette nouvelle politique agricole et alimentaire européenne ?
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Si la région des pays de la Loire s’est investie sur ce dossier là c’est parce que nous sommes la deuxième région française en matière agricole et agro-alimentaire. Nous ne faisons pas de différence entre les préoccupations qui sont liées à l’agriculture productrice de matières premières pour notre industrie agro-alimentaire. Par contre dans le débat qui apparaît il y a effectivement des exigences sanitaires au niveau de la production des matières premières mais aussi au niveau de la production de l’industrie agro-alimentaire. Pour que chacun sache bien ce qu’il y a dans nos assiettes notamment lorsqu’elles sont fabriquées par des industriels.
Quelles conclusions pouvez-vous tirer de ces débats ?
Je pense que c’est une première que les régions européennes se saisissent de cette démarche liée à l’évolution de la Pac et cette réunion n’est évidemment que le commencement. Je peux dire que les régions ont pris la main sur ce dossier mais bien évidemment au-delà des principes on doit encore passer aux propositions et actions concrètes.
On a encore un peu de temps et un groupe de travail va se mettre en place au sein de la CRPM sous la présidence conjointe de la région des Pays de la Loire et de la région de l’Andalousie. L’idée principale est de mettre en place une expertise pour étudier la réalité des conséquences de la PAC sur les territoires.