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Production porcine En élevage de porc, les bâtiments comme les hommes vieillissent

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Des bâtiments vieux de plus de 15 ans, des éleveurs dont l’âge moyen est de 46 ans, peu d’installations et une mise aux normes « mission impossible », une enquête sur les données de 2008 du Service de statistique et de prospective, publiée le 2 décembre dans Baromètre porc, pose les problèmes de l’élevage porcin.

«Le vieillissement des bâtiments et de la pyramide des âges des éleveurs » font partie des conclusions d’une enquête réalisée sur les données de 2008, menée par le Service de statistique et de prospective. Elle avait pour but de mesurer l’évolution du parc de bâtiments, des équipements et des pratiques chez les éleveurs de porcs depuis 2001. « L’âge des bâtiments est élevé : selon les stades physiologiques [du porc], 74 à 80% des constructions dataient de plus de 15 ans au moment de l’enquête (contre 58 à 68% en 2001) », déclare l’Institut du porc (Ifip), dans un résumé de l’enquête, publiée dans le Baromètre porc de novembre. Cela montre le frein mis par les éleveurs sur les investissements ces dernières années. « Les bâtiments les plus anciens se rencontrent en engraissement, fragilisant les performances alors que le coût de l’aliment s’est envolé à deux reprises durant les 4 dernières années... », continue l’Ifip. Ceci est à mettre en relation avec le développement de la fabrication d’aliment à la ferme ces dernières années, notamment dans le secteur de l’engraissement. En parallèle, « la pyramide des âges se déforme ». Les jeunes ne s’installent plus.

Pas d’investissement, peu de repreneurs
« L’âge moyen des exploitants est de 46 ans en 2008 (42 ans en 2001). La part des plus de 55 ans s’est accrue, passant de 13 à 25%, tandis que celle des plus jeunes a régressé de moitié (9%) », confirme l’Ifip. Les exploitations de formes individuelles disparaissent au profit des exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL) et des formes sociétaires (SA, SARL, SCEA...), qui, elles, s’agrandissent comme chez les naisseurs-engraisseurs (270 truies en moyenne). L’élevage de porc conserve sa régionalisation et se développe toujours en Bretagne alors qu’il a tendance à diminuer ailleurs. « Les exploitations qui n’ont plus que des porcs se développent plus vite, leur part s’est accrue entre 2001 et 2008. L’association aux bovins domine les autres », décrit l’Ifip. En termes d’actifs, là aussi les chiffres baissent du fait de la diminution du nombre d’exploitants et de l’amélioration de la productivité du travail. « Certains aspects de mise aux normes sont bien engagés (environnement). D’autres s’avancent, tel le logement des truies en groupe, mais les difficultés financières qui se sont accumulées laissent planer un doute sur leur achèvement rapide d’ici la fin de 2012 », termine l’Ifip. Cette nouvelle mise aux normes, accompagnée des difficultés financières actuelles, risque de faire disparaître plus d’un élevage.

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