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Agriculture biologique En Europe, la consommation augmente plus vite que la production

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Le développement de l’agriculture et de la consommation biologiques ne concerne pas que la France, comme l’ont montré les intervenants du Séminaire européen sur l’agriculture biologique réunis par l’Agence bio le 4 mars à Paris. Exemples de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Italie.

En Belgique, le développement de l’agriculture biologique concerne davantage la Wallonie (81% des exploitations bio du pays) que les Flandres, selon Marc Fichers, secrétaire général de Nature et Progrès Belgique. Dans cette région, le nombre de fermes bio a été multiplié par trois entre 1987 et 2008, la surface agricole utilisée par le bio est passé entre 1997 et 2008 de 5 995 ha à 32 330 ha. Pour l’essentiel, ces surfaces sont des prairies (85,45%), les grandes cultures arrivant loin derrière (12%). Les autres productions sont marginales : légumes (0,65%), fruits (0,77%), plantes ornementales (0,02%) … En 2007, la Wallonie comptait 494 fermes bio dont une grosse majorité était consacrée à l’élevage bovin.
Les ventes de produits bio augmentent dans tous les circuits : vente directe, Amap, marchés, magasins de proximité et grandes surfaces. Les produits les plus consommés sont les œufs (10%), le lait et les produits laitiers (plus de 6%), le pain et les produits céréaliers (4%).
Les initiatives privées se multiplient (paniers bio, Amap…) avec une tendance à ajouter des valeurs éthiques. La bio est prisée en tant qu’alimentation, pour son rôle dans le tissu rural et comme valeur de société.

Pays-Bas : un chiffre d’affaires de 583 millions d’euros (2007)
Au Pays-Bas, le développement des terres certifiées AB est passé de 12 500 ha en 1996 (0,7% de la surface agricole utile) à 50 435 ha en 2008 (2,6% de la SAU). Le nombre de fermes atteint 1 473 en 2008 contre 1 216 en 1999. Le chiffre d’affaires des produits bio était de 160 millions d’euros en 1996, 235 millions d’euros en 1999 et 583 millions d’euros en 2008 (pour 16 millions d’habitants).
En 2007, les importations ont représenté entre 250 et 300 milions d’euros et les exportations entre 500 et 550 millions d’euros (70% de la production sont exportés).
La recherche publique en agriculture représente un axe important du développement de la bio aux Pays-Bas. Elle y consacre 10% de son budget. Elle s’oriente vers la sélection de semences résistantes et les croisements de semences, le travail du sol, la gestion des mauvaises herbes, ravageurs et maladies… Un autre axe de travail est celui du changement climatique et de l’empreinte écologique, à travers des études qui portent sur le stockage de carbone des sols cultivés en bio.

Italie : une consommation tirée par les cantines
Les surfaces cultivées en bio en Italie se sont développées en fonction des aides au secteur, grimpant entre les années 90 et 2000 à 60 000 ha, baissant entre 2000 et 2004 à environ 40 000 ha pour remonter en 2006 à 50 000 ha, niveau où elles sont aujourd’hui. Plus de la moitié de ces surfaces sont situées dans le sud du pays. Les principales cultures sont les céréales, le fourrage et les olives. Le marché de l’agriculture biologique en 2008 est estimé à 2 milliards d’euros
(33 euros/hab hors restauration et exportations), la crise économique ne l’a pas entamé. La production est devenue insuffisante, ce qui entraîne une hausse des importations (d’Europe surtout) depuis 2007, très importante pour les céréales, sensible pour les fruits et légumes et les produits transformés. Le choix des communes d’offrir des repas bio dans les cantines scolaires tire la demande.
« L’impact de cette mesure est supérieure aux aides. Près d’un million de repas bio ont été servis en 2008 », explique Teresa de Matthaeis, en charge du dossier au ministère de l’agriculture italien.
Le gouvernement a financé récemment des Etats généraux de l’agriculture biologique qui ont réuni 300 professionnels. Ils ont abouti à un manifeste demandant à mieux différencier les produits bio, des contrôles plus rigoureux, le maintien des différents circuits de vente, le renforcement de la recherche, une meilleure offre de semences, plus de formation et de communication, rejoignant en cela les autres pays d’Europe.

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