À l’occasion de leur conférence de presse annuelle le 8 novembre, les industriels de la fertilisation (Unifa) ont présenté les statistiques de livraison d’engrais à usage professionnel (producteurs, importateurs, grossistes et coopératives) pour la campagne de 2021-2022. En tout, ce sont 10,8 Mt d’engrais qui ont été livrées, soit une baisse de 5 % par rapport à la campagne précédente, dont 8,14 Mt d’engrais minéraux et organo-minéraux (-7 % par rapport à 2020-2021) et 2,641 Mt d’amendements minéraux basiques (+1,8 % par rapport à la campagne précédente). Cette baisse illustre une tendance de fond, à savoir celle d’une diminution régulière des ventes d’engrais depuis 2013, année où elles avaient culminé à 18,1 millions de tonnes. « En 30 ans, nous avons réduit de 45 % la consommation d’engrais », précise l’Unifa.
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La campagne de 2022-2023 semble emprunter la même voie que la précédente, avec en plus des retards dans les actes d’achats des agriculteurs. En septembre, leur taux de couverture était ainsi « inférieur de 20 % par rapport à une campagne classique », a précisé Florence Nys, déléguée générale de l’Unifa. En 2021-2022, les baisses de livraisons les plus fortes s’observaient en phosphore (-23,2 %) et potassium (-23,7 %), là où l’azote enregistrait une baisse de 7,7 %. À l’inverse, le magnésium, le soufre et la correction de l’acidité des sols ont enregistré des hausses avec respectivement +5 %, +7,8 % et +2,4 %. Alors qu’en France, « il n’y a pas de problème d’approvisionnement à l’heure actuelle » selon Delphine Guey, présidente de l’Unifa, nombre d’agriculteurs hésitent encore à acheter leurs engrais, le prix de certains de ces produits ayant plus que triplé en un an.