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Qualité de l’eau En France, les nitrates et les pesticides continuent de poser problème

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Les Schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) adoptés fin 2009 doivent permettre d’atteindre le bon état écologique des eaux d’ici 2015 imposé par la directive cadre européenne sur l’eau. Mais 36% des SDAGE prévoient des dérogations à cette obligation du fait des pollutions aux nitrates et aux pesticides liées à l’activité agricole.

Patrick Lavarde, directeur général de l’Onema (Office national de l’eau et des milieux aquatiques) a présenté lors des quatrièmes rencontres parlementaires sur l’Eau qui se déroulaient le 11 février à Paris, les chiffres sur la qualité de l’eau en France et les objectifs d’amélioration dans les années à venir. Le constat : 56% des eaux superficielles françaises présentent un mauvais état écologique (biologie, physico-chimie…) et 28% un état médiocre sur le plan chimique (présence de molécules jugées dangereuses). Néanmoins des marges de progression existent puisque parmi les 56% d’eaux en mauvais état, 41% sont dans un état qualifié de « moyen ». La directive cadre sur l’eau impose d’arriver au bon état général des eaux d’ici à 2015 avec des possibilités de dérogations (à l’échéance 2021 et 2027). De plus, le Grenelle I de l’environnement fixe une limite d’un tiers au maximum de dérogations sur les masses d’eau superficielles.

24,9 millions d’euros sur 5 ans
Les Comités de bassin ont adopté fin 2009 leur Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) pour une durée de cinq ans et un budget global de 24,9 milliards d’euros. Chaque SDAGE est associé à un plan de mesure qui fixe des objectifs en matière de gestion de l’eau pour la période. 36% (contre 45% avant le Grenelle) prévoient des exemptions quant à l’état écologique des eaux superficielles. Principales causes de ces demandes de dérogations : les pollutions aux nitrates et phosphates. Sur le bon état chimique des eaux superficielles, on dénombre 23% de dérogations, pour l’essentiel liés à des pollutions diffuses agricoles. Que ce soit sur le volet chimique ou écologique, « ces plans sont en phase avec les objectifs du Grenelle », a souligné Patrick Lavarde. Par contre, pour les masses d’eau souterraines l’objectif est plus difficile à satisfaire : 40% font l’objet de demandes de report de délais du fait de l’inertie importante des systèmes hydriques (élimination lente des pesticides en sous-sol).
Avec notamment le plan de protection des zones humides ou la mise en œuvre des trames vertes et bleues, « nous avons aujourd’hui les outils institutionnels et réglementaires pour protéger la ressource en eau », s’est félicité le sénateur socialiste du Nord, Paul Raoult. Selon lui, « cela coûte moins cher de préserver des zones humides que de construire une station de dénitrification, en réalité protéger l’environnement c’est ce qui coûte le moins cher à la société, plutôt qu’un frein c’est une chance pour le développement économique de notre pays ».

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