Sous l’égide du député Jean-Baptiste Moreau et du cercle de réflexion AgriAgro, la FNSEA, la grande distribution, de nombreux industriels et des élus et personnalités de l'alimentaire ont signé un manifeste pour une meilleure information de l’origine des produits agricoles.
L’étiquetage de l’origine des matières agricoles dans les produits bruts ou élaborés est presque devenu un serpent de mer. Mais face à la montée des importations et des demandes des consommateurs pour plus de transparence, les filières alimentaires sont face au mur.
« Que cela nous plaise ou non, le consommateur veut savoir ce qu’il achète », a résumé très justement Dominique Amirault, président de la Feef (fédération des PME) au colloque « l’étiquetage de l’origine au service de l’économie agricole & agroalimentaire », le 11 décembre.
La grande distribution, la FNSEA, de nombreux industriels ainsi que des politiques et personnalités de l’alimentaire. Ils ont tous répondu présent pour signer le manifeste sur l’origine des produits lancé par Jean-Baptiste Moreau, député LREM, et Olivier Dauvers, directeur du cercle de réflexion AgriAgro.
Harmoniser les pratiques
Les 56 signataires de ce « new deal alimentaire » souhaitent répondre à deux enjeux simultanément : à l’augmentation continue des importations et aux attentes des consommateurs. Considérant le « déclin » de la ferme France et la nécessité de la « sauver », le manifeste prône « une meilleure information des consommateurs sur l’origine des produits alimentaires ». L’idée est simple : un consommateur averti peut devenir un « consommacteur » en soutenant l’agriculture française.
Les signataires se sont engagés à définir les modalités de la démarche ainsi que son calendrier dès le début de l’année 2020. « Il y a urgence », alerte le député de la Creuse. Face à une multiplication des démarches plus ou moins individuelles sur l’origine des produits, il souhaite « une harmonisation » pour aboutir « à un vrai étiquetage de l’origine ».
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Cet étiquetage permet de « redonner de la valeur à nos produits », estime la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher. « Mais la multiplication des labels français entraîne une certaine confusion pour le consommateur », avertit-elle. Le besoin d’unicité de la démarche fait consensus auprès des parties prenantes même si ces derniers temps multitudes de logos ont fleuri sur les emballages.
Sans légiférer
« Il ne peut y avoir qu’une réponse économique à un problème qu’économique », avance Olivier Dauvers. Si les acteurs ont choisi de signer un manifeste – qui plus est, à l’Assemblée nationale – les engageant à travailler ensemble, c’est bien pour éviter une législation ou une réglementation « venue d’en haut ». Une idée dont s’accommodent parfaitement les députés de la majorité qui étaient présents. Barbara Bessot Ballot et Jean-Baptiste Moreau ont avancé l’idée qu’une législation était souvent imparfaite car incomplète ou éloignée de la réalité du terrain. S’ils souhaitent laisser les acteurs s’organiser entre eux dans un premier, ils n’en restent pas pour autant naïfs. Ils surveilleront les travaux et si les choses n’avancent pas assez vite, alors ils se ressaisiront du sujet.
La multiplication des labels français entraîne une certaine confusion pour le consommateur
Le fabriqué en France a aussi de la valeur, estime l'aval
À côté de l’origine française des matières première agricoles, existe également le « fabriqué en France » synonyme de savoir-faire français mais avec des matières premières importées. « Il faut aussi le valoriser », assure François Geretzhuber, secrétaire général d’Auchan Retail France lors du colloque sur l’étiquetage de l’origine, le 11 décembre. « Le produit en France est tout aussi important », renchérit Richard Panquiault, président de l’Ilec (grandes marques). Tous deux mettent en avant l’ancrage dans les territoires des entreprises agroalimentaires et le dynamisme économique et social qu’elles permettent. La problématique de l’approvisionnement a également été invoquée, notamment par l’Ania (industries agroalimentaires), qui n’a pas signé, en tant que fédération, le manifeste pour une meilleure information sur l’origine. « Nous manquons de certains produits en France, avance Catherine Chapalain, directrice générale de l’Ania, citant pour exemple la tomate industrie et la myrtille bio. « Si on remet le prix de la matière alors nous pouvons récréer une filière », a rétorqué le spécialiste de la distribution Olivier Dauvers.