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Viticulture En Languedoc-Roussillon, les viticulteurs ont du mal à se rémunérer

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La plupart des exploitations viticoles du Languedoc-Roussillon sont en difficulté financière, selon une étude de l’Observatoire de la production viticole des Centres d’économie régionale diffusée le 22 janvier. Peu d’entre elles réalisent un résultat positif. 40% d’entre elles perdraient plus de 1 000 euros par ha et par an. Les viticulteurs limitent leurs revenus pour éviter le pire.

L’étude des Centres d’économie régionale, qui s’appuie sur les chiffres de 2007 et 2008, distingue quatre groupes d’exploitations dans son échantillon (1), en fonction de leur chiffre d’affaires à l’hectare : les exploitations qui réalisent un produit viticole inférieur à 2 500 euros/ha et par an (40%), un produit allant de 2 500 à 3 500 €/ha (39%), un produit compris entre 3 500 et 4 500 €/ha (14%) et supérieur à 4 500 €/ha (8%).
Pour les trois premiers groupes, qui réalisent tous moins de 4 500 euros/ha/an, le résultat est négatif (déduction faite d’une rémunération de 17 100 €/an et par UTH (2)). Ces exploitations perdent respectivement dans l’année 1 017 €/ha, 478 €/ha, 145 €/ha. Le résultat n’est positif – de 254 €/ha – que pour le groupe réalisant un produit supérieur à 4500 euros/ha.
« Le seuil d’équilibre en produit apparaît donc autour de 4 000 euros par ha », en déduisent les CER.

Forte proportion d’exploitations en difficulté
Dans tous les groupes, une forte proportion d’exploitations connaît des difficultés financières. Elles sont 77% dans le premier groupe, 59% dans le second, 63% dans le troisième. Plus surprenant, c’est également le cas pour 47% d’entre elles dans le quatrième groupe. Parmi celles qui vendent en vrac (tous groupes confondus), les pourcentages sont encore plus élevés, allant de 78% à 68%.
En cave particulière, même si les revenus par hectare sont supérieurs (7438 €/ha en moyenne), les résultats sont également négatifs (-802 €/ha) et 68% des exploitations sont en difficulté.

Aux cours actuels, les exploitations ne sont pas viables
Pour ne pas dégrader davantage la situation des entreprises, nombre de viticulteurs s’accordent une rémunération inférieure à 17 100 €/an et limitent les investissements. Certains réinjectent même des fonds dans leur exploitation.
« La crise est clairement illustrée par cette étude », concluent les CER. Ils ajoutent : « Les cours actuels des vins de la région Languedoc Roussillon ne permettent pas à la grande majorité des exploitations viticoles d’être viables. A ceci s’ajoute une déficience des rendements. Des sacrifices sont réalisés pour “tenir” (peu de prélèvements privés), mais on note également une forte restriction des investissements (en moyenne 10 000 € par exploitation en 2007, 6 000 € en 2008) ».
L’année 2009, non prise en compte dans l’étude, a suivi a priori la même tendance que les précédentes.

(1) Echantillon de 1058 exploitations dont 695 apportent en cave coopérative et 363 vinifient en cave particulière.
(2) Unité de travail humain

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