Alors que les éleveurs laitiers supposent majoritairement le contraire, les Français témoignent d’une grande confiance envers cette profession, ont une vision plutôt moderne et dynamique du métier d’éleveur laitier auquel ils sont attachés et qu’ils jugent indispensables à plus d’un titre. C’est ce que révèlent deux sondages commandés par le Cidil et la FNPL.
« Je dois avouer être assez surpris de voir que 9 éleveurs laitiers sur 10 attachent autant d’importance à leur image dans la population française », a commenté Henri Brichart, président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) lors de la présentation des résultats des deux sondages commandés par le Cidil et la FNPL. Pour le président des producteurs de lait, une des explications possibles est que les éleveurs « vivent de moins en moins en vase clos ». 9 éleveurs sur 10 ont « le sentiment profond que leur métier n’est pas reconnu à sa juste valeur », souligne le sondage. Ils sont presque tous convaincus qu’il existe un « décalage entre la réalité de leur métier et la perception qu’en a le grand public ».
Les responsables désignés de ce décalage et de ce malaise sont en première ligne les médias grand public, selon 70,2 % des sondés. Arrivent ensuite « le mode de vie urbain », « la grande distribution », « les pouvoirs publics » et « les agriculteurs » eux-mêmes. « Un éleveur laitier sur cinq met en cause la profession », souligne l’enquête. Les éleveurs laitiers reconnaissent ainsi que la profession est probablement en partie responsable de la coupure avec le grand public.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Une « modernité positive »
Pourtant le grand public plébiscite la production laitière, avec 90 % de bonnes opinions, devant la viticulture, la production de fruits et légumes, celle de viande bovine, de céréales et l’élevage de porcs et volailles. Loin des clichés, les éleveurs laitiers sont considérés comme « des professionnels dynamiques et performants » sachant allier productivité et qualité pour 85% des sondés. 95 % des interviewés considèrent le métier d’éleveur laitier comme « indispensable ». Mieux, pour 76 % des sondés, l’éleveur laitier est perçu comme non pollueur, jouant un rôle essentiel notamment dans le maintien de la vie rurale (90 %). Cette « modernité positive » du métier souffre d’un bémol car un Français sur deux seulement pense que ce métier à de l’avenir (51%).
Même si le malaise social est réel et profond pour les éleveurs laitiers, ils restent profondément attachés à leur profession. Pour Henri Brichart, « les personnes qui choisissent de devenir éleveurs aujourd’hui le font plus par passion ». « C’est une orientation plus choisie aujourd’hui que par le passé », explique-t-il. Evidemment, « on a des difficultés de succession en agriculture car les personnes se lancent dans ce métier s’ils ont des certitudes», souligne le président. « C’est un métier qui bouge lentement», conclut-il.