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En ovins, pas de catastrophe pour Pâques, mais prix et volumes en berne

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Les consommateurs français ont privilégié l’agneau de France dans leurs achats pour Pâques, s’est félicité le 12 avril le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, estimant que cela contribuait à rendre « moins dramatique » pour les éleveurs nationaux la crise liée au coronavirus. « Ce que je sais, pour avoir eu les informations ce matin, c’est que nos concitoyens ont fait cet acte merveilleux d’amour, de patriotisme alimentaire : ils sont allés acheter de l’agneau français pour en manger », a déclaré M. Guillaume, dans l’émission Dimanche en politique sur France 3. « Je veux saluer la grande distribution et nos bouchers de quartier qui ont joué le jeu. Ils ont mis en valeur dans leurs ventes l’agneau français », a-t-il dit.

Un soulagement partagé par Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, qui a noté lors de son point presse du 10 avril que « les enlèvements d’agneaux ont été faits dans des quantités correctes pour Pâques pour l’instant ». « La situation est un peu meilleure que la catastrophe totale qu’on imaginait il y a encore quelques jours », confirmait également Philippe Chotteau, chef du département Économie de l’Idele (Institut de l’élevage), lors d’un webinaire le 9 avril.

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« L’effort a été fait pour Pâques en ce qui concerne l’écoulement des volumes. Mais il est trop tôt pour crier victoire », prévient l’économiste, car « les agneaux vendus sont moins nombreux qu’en 2019 et l’ont été à des prix bien inférieurs. » La semaine 14 (du 30 mars), les cours se sont effondrés de 35 centimes, à 6,18 €/kg. Du jamais vu juste avant Pâques, selon l’Idele, alors que « l’approvisionnement des boucheries et des GMS n’était pas finalisé. » Cette semaine-là, pourtant, « les ventes repartent grâce à la campagne de communication d’Interbev », d’après l’Idele. De leur côté, les abattages ont « explosé au début du confinement, puis ont fortement chuté face à une demande amoindrie », rapporte l’institut. En semaine 14, avec des volumes inférieurs de 44 % à la semaine équivalente de 2019, « tout le monde a eu très peur », raconte M. Chotteau. Au lendemain de Pâques, la situation de l’agneau reste fragile, car « la consommation est extrêmement volatile ».

« Tout le monde a eu très peur »