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Qu’est-ce qui est important pour une catégorie socioprofessionnelle comme les agriculteurs, dans leur relation avec un président de la République ou celui qui aspire à l’être ? Que ce président soit « en phase » avec les membres de cette catégorie. Que ce candidat comprenne devant qui il se trouve. La rencontre de sept candidats à la présidentielle avec la FNSEA le 29 mars est intéressante à ce titre. Elle a montré, par exemple, que Marine Le Pen n’était justement pas vraiment en phase avec la sensibilité de son audience. Pas parce qu’elle a attaqué de front Xavier Beulin, défendu assez naturellement par ses confrères. On peut être en phase et faire de la provoc ‘. Au demeurant, la question des OGM n’était pas le bon prétexte.
Ce qui montrait qu’elle n’avait pas bien compris le public, c’était plutôt les attaques si outrées contre l’industrie agroalimentaire. En évoquant la « bibine Listel », Marine Le Pen oubliait que devant elle se trouvaient justement des agriculteurs pour qui il n’est pas dégradant de fournir le rosé de Listel. Des syndicalistes pour qui l’agroalimentaire peut être ponctuellement un adversaire mais qui sentent que ces entreprises sont plutôt, sur le long terme, des alliées.
Au fond, Eva Joly, ce jour-là, qui n’a sans doute que 1% d’électeurs chez les paysans, était peut-être moins à côté de la plaque que Marine Le Pen qui en compterait 17%. Egalement déphasé, François Bayrou, lorsqu’il tenta de faire vibrer une corde sensible, évoquant « l’agriculteur qui, en bout de champ, ne trouve pas de voisin à qui parler ». On ne s’adresse pas à un rassemblement de représentants syndicaux comme on s’adresse au grand public. Ces représentants demandaient moins de l’émotion que des motions, des engagements d’un homme qui prétend diriger le pays.
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