Les quatre acteurs principaux de la grande distribution britannique seront bientôt obligés de se réinventer totalement auquel cas ils seraient en train de « creuser leurs propres tombes ». C'est l'avis des analystes intervenus lors du Big Debate 2015 organisé par le think tank international IGD, le 6 octobre dernier à Londres.
Les professionnels de la GMS et de l'industrie agroalimentaire britannique ont débattu de l'avenir de leur métier le 6 octobre dernier à Londres. Clive Black, du cabinet d'investissement indépendant Shore Capital, n'y va pas par quatre chemins : « Indubitablement, les quatre grands acteurs de la grande distribution britannique, que sont Tesco, Sainsbury's, Asda et Morrisons, creusent leurs tombent », a-t-il indiqué. « Chutes des parts de marchés d'abord, mais aussi effondrement des marges, dépréciations des actions... Les Big Four sont aujourd'hui dans une crise profonde », insiste le spécialiste. Derrière ce chaos, les industries agroalimentaires sont inquiètes. Les superstores comme on les connaît depuis les années 70 ne bénéficieraient pas éternellement de l'affection des consommateurs...
MONTÉE EN PUISSANCE DES MAGASINS DE PROXIMITÉ
Face aux hypers sur le déclin, les enseignes de proximité s'offrent de belles perspectives de croissance. En progression de 1 % en nombre d'unités et de 5 % en chiffre d'affaires en 2015, avec 37,7 Mrd£ (50,89 Mrd€), les magasins de moins de 3 000 m2 séduisent par leur commodité et leur proximité. « L'emplacement du point de vente est un élément primordial pour le consommateur », assure Joanne Denney-Finch, directrice générale du think tank IGD, interviewée par Talking Retail. « C'est l'heure de la spontanéité. Les gens veulent acheter ce dont ils ont envie, quand ils en ont envie». Un argument que reprend Clive Black : « Un tiers des produits alimentaires achetés en Grande-Bretagne le sont aujourd'hui hors des supermarchés. Il y a là un canal à exploiter pour toute la filière agroalimentaire ». Pour Joanne Denney-Finch, les superstores, s'ils veulent perdurer, doivent introduire davantage de praticité et de qualité : réduire leur nombre de références, aménager des ailes pour les produits de tous les jours et accueillir des producteurs locaux. « Les consommateurs n'ont jamais fait leurs achats d'épicerie aussi souvent qu'aujourd'hui, ils cherchent toujours à faire des économies, et désormais à acheter frais et à diminuer le gaspillage alimentaire», poursuit l'experte.
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L'ARRIVÉE D'AMAZON FRESH
Autre concurrent de taille face aux hypers : la vente en ligne. L'arrivée d'Amazon Fresh en Grande-Bretagne, filiale de livraison de produits d'épicerie du géant Amazon, ne peut pas être ignorée par la GMS. « Le Royaume-Uni est le premier marché mon-dial pour l'épicerie en ligne », observe Clive Black. Amazon Fresh vient d'être lancé à Birmingham en septembre avec 50 premiers produits disponibles et un démarrage est programmé pour novembre à Londres, avec une plus grande diversité de produits dès le printemps 2016, d'après Foodmanufacture.co.uk. Ce lancement intervient avant le déploiement d'Amazon Dash, système qui rendra automatique la commande après consommation de produits présents dans les réfrigérateurs et congélateurs des ménages britanniques.