Chiron a été placé en redressement judiciaire le 14 décembre. La société de Colombelles (Calvados) spécialisée dans la production de steaks hachés surgelés a coup sur coup dû faire face à la hausse du prix de ses matières premières, à l’acquittement de la taxe d’équarrissage, et à la baisse de la consommation suite à la contamination à l’E-coli des steaks hachés surgelés Soviba. Affichant 33 millions de chiffre d’affaires, l’entreprise, qui détient 15 % de parts de marché, espère sortir de l’ornière d’ici un an. Avec le retour à des marges positives depuis cet été et la réorientation de ses approvisionnements vers la viande étrangère, Chiron compte renouer à terme avec le rythme de croissance qui lui a permis de passer d’une production de 6 000 à 12 500 tonnes de steaks haché en 5 ans.
Si tout va bien, cette histoire sera finie dans un an ». Claude Chiron se veut résolument optimiste pour l’avenir. Le redressement judiciaire de son entreprise prononcé le 14 décembre par le tribunal de commerce de Caen n’est qu’un « mauvais concours de circonstances », affirme le président de la société Chiron, spécialisée dans la production de steaks hachés surgelées. Basée à Colombelles,près de Caren, l’entreprise créée en 1987 a en effet dû essuyer pas mal d’intempéries en moins d’un an.
« Goutte d’eau »
Tout d’abord, comme tous les transformateurs de viande, Chiron a vu les 17 centimes d’euros/kilo de la taxe d’équarrissage gonfler les coûts de production de ses produits finis car « difficilement répercutés auprès des distributeurs », selon le dirigeant. Dans un deuxième temps, la société a subi de plein fouet la hausse des cours de ses matières premières, « les prix des avants passant de 1,25 euro le kilo au printemps 2004 à 2,05 en février dernier, explique Claude Chiron. La hausse du pétrole, à côté, c’est rien». Une évolution qui a durement pesé sur les marges de la société et « a absorbé toute la trésorerie», le temps d’être répercutée sur les prix. Puis, « goutte d’eau qui a fait déborder le vase», l’intoxication à l’E-coli des steaks hachés de Soviba a fini par mettre l’entreprise dans le rouge : « Les ventes de steak haché ont baissé de 30 à 50 %, principalement sur la semaine 48 ».
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Retour à l’équilibre
Mais la tempête est passée : « La consommation se relance, on atteint aujourd’hui 70 % du niveau normal », indique Claude Chiron qui assure que « les marges sont redevenues positives dès le mois d’août. De plus notre situation financière est de nouveau à l’équilibre ». La société Chiron, qui réalise 33 millions de chiffre d’affaires et emploie 97 personnes bénéficie désormais d’un retour des avants à des prix plus raisonnables, « de l’ordre de 1,55 euro le kilo ». Elle a également revu sa stratégie d’appro : les 12 500 tonnes de steak haché qu’elle destine à 60 % aux GMS (sous marque Chiron, H-é et MDD) et à 30 % à la RHF, sont désormais « issues à 80 % de viande étrangère, contre 20 % auparavant». Représentant 15 % d’un marché français estimé à 200 000 tonnes, Chiron espère bien retrouver son rythme de croissance : 15 à 20 % par an. L’entreprise ne produisait en effet que 6 000 tonnes de steaks hachés en 2 000 ! « Seule une nouvelle catastrophe pourrait nous pousser à la liquidation», avoue Claude Chiron, avant d’ironiser : « Mais après tout ça, plus rien ne serait surprenant !».