Alors que l’élaboration d’un grand plan « bâtiments » est à l’étude, Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, apporte une utile contribution au débat en dressant un état des lieux des mises aux normes pour l’élevage bovin. Constat : la maîtrise des rejets progresse, mais reste insuffisante pour les bâtiments les plus anciens, particulièrement ceux qui n’ont pu bénéficier d’une aide à la modernisation.
Il reste du travail à faire. Sur les 208 000 exploitations tenues de stocker leurs effluents liquides (lisier, purin, eau de lavage des installations de traite), 86 000 ne disposent pas de fosse de stockage, soit plus de 40% d’entre elles. Et ce, malgré la réglementation qui impose la présence d’ouvrages capables de stocker les volumes d’effluents et de déjections produits pendant une période d’interdiction d’épandage d’au moins 4 mois. De même, parmi les 122 000 exploitations équipées d’une fosse, seule une petite moitié (58 000) est capable de conserver l’équivalent de 4 mois d’effluents. On notera que la plupart des élevages « dans les clous » se sont mis aux normes lors du premier PMPOA (programme de maîtrise des pollutions agricoles), et que les exploitations laitières qui utilisent quotidiennement leurs bâtiments sont bien mieux équipées que les élevages allaitants.
Le « plus » joué par le PMPOA
« Le bilan est un peu similaire pour les aires de stockage des fumiers », poursuit Agreste, en prenant appui sur les données fournies par l’enquête sur le cheptel bovin de novembre 2001. Ainsi, parmi les 77 000 exploitations susceptibles de produire du fumier de raclage (déjections comportant peu de litière et concernant surtout les stabulations), plus de la moitié ne disposent d’aucune aire de stockage, et 22 000 d’entre elles couvrent à peine 55% de leurs besoins. Souvent anciennes (la moitié aménagées avant 1980), rarement couvertes, les aires à fumier sont encore peu aménagées : 55% d’entre elles ne disposent d’aucun système de récupération des écoulements, ce qui n’est « guère mieux qu’en 1994 », souligne Agreste. Les élevages ayant adhéré au PMPOA s’en sortent à nouveau beaucoup mieux, avec un taux de 81%. Des efforts sont également nécessaires pour la récupération des eaux de lavage des passages d’animaux ou des quais de traite : ces eaux sont évacuées directement dans une fosse dans seulement 57% des cas (plus de 80% pour les élevages en PMPOA).
Il est enfin intéressant de remarquer que le travail global de mise aux normes s’accompagne d’un recours accru à la stabulation libre où les bovins peuvent se déplacer et disposent le plus souvent d’un couchage sur paille : le nombre de places offertes en stabulation libre est passé de 59% à 70% entre 1994 et 2001. Dans le même temps, la stabulation entravée a chuté de 36% à 23%. Quant à l’élevage en plein air intégral, il reste à peu près stable : 7% des bovins sont concernés (contre 5% en 1994).
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