Depuis une dizaine d’années, les pays d’Europe de l’Est sont considérés comme un eldorado des productions animales. D’importants opérateurs danois, français ou allemands ont déjà investi dans ces pays, et leur optimisme semble déjà s’essouffler. Mais pour les experts réunis le 2 décembre par l’AFTAA, cette région présente toujours des opportunités de développement pour l’alimentation animale. D’autant plus que la crise financière a fragilisé certaines entreprises.
Les pays d’Europe de l’Est offrent encore des possibilités importantes de développement pour les fabricants d’alimentation animale ont jugé les experts réunis mardi 2 décembre par l’Aftaa (Association française des techniciens de l’alimentation et des productions animales) dans le cadre d’un colloque sur le marché des matières premières destinées à l’alimentation animale. Si tous les invités de la table ronde intitulée « l’alimentation animale se lève à l’Est » ont considéré que les marchés les plus porteurs se trouvaient désormais au Sud (Afrique du Nord et Moyen-Orient), des places restent à prendre dans les nouveaux pays membres de l’Union européenne, en Russie ou encore en Ukraine.
Un équilibre encore instable entre productions
Les douze nouveaux États membres de l’UE pèsent aujourd’hui 20% de la production d’aliments composés de l’UE. Parmi eux, la Pologne arrive largement en tête avec 7% de la production européenne totale tout en continuant à se développer. Dans ces pays, c’est l’aliment pour volaille qui continue de dominer (46% de la production) suivie par le porc (36%). L’élevage de ruminants, encore peu présent (12% contre 26% dans l’UE à 15), commence à se développer. Pour Alexander Doring, secrétaire général de la Fefac (Fédération furopéenne des fabricants d’aliments composés), la Roumanie par exemple présente un fort potentiel pour la production laitière et sera très compétitive même au-delà de 2013 avec la fin des quotas laitiers.
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La crise pourrait ouvrir des perspectives
Witold Obidzinski, directeur de la branche polonaise du fabricant d’aliments De Heus, a « l’impression que dans les pays de l’Est, les possibilités sont déjà bien exploitées et qu’il faut désormais chercher ailleurs ». Un avis qui n’était pas partagé par tous les intervenants. Pavol Kacer, directeur général en Russie du fabricant de compléments alimentaires Adisseo, considère que la Russie offre beaucoup d’opportunités car la concurrence y est encore très faible. Même analyse pour Jan Peter Van Ferneij de l’Institut du porc (Ifip) : « Il y a encore des places à prendre dans l’élevage de porcs – surtout en Russie ». « D’autant que je crois que la crise financière va accélérer la restructuration des fermes, ce qui offre des opportunités importantes de développement pour les fabricants d’aliments », a-t-il affirmé. Et de conclure : « De toute façon, si les fabricants français n’y vont pas d’autres prendront la place ! ».