Lors d’un débat public, les ministres européens de l’Agriculture ont accueilli favorablement le plan Fischler pour les aliments biologiques. Ils regrettent toutefois que Bruxelles ne prévoie pas de seuils de tolérance pour les OGM, spécifiques à cette filière.
Les produits issus de l’agriculture biologique doivent être à l’abri de tout soupçon de contamination par des organismes génétiquement modifiés. Les ministres de l’Agriculture européens, réunis à Luxembourg les 21 et 22 juin, ont axé leurs interventions concernant le plan d’action pour l’agriculture et les denrées alimentaires biologiques sur l’absence de proposition par Bruxelles quant à la question des OGM. Ils rejoignent ainsi les préoccupations émises par les professionnels de l’alimentation bio Agra industrie n°69 du 17 juin 2004. « L’aspect le plus critique » du plan porte sur les OGM, juge le ministre italien de l’Agriculture Giovanni Alemanno. « L’agriculture biologique n’a de sens que si elle se présente comme une méthode de production entièrement naturelle », défend-il, rejoint dans sa position par ses collègues autrichien, slovène et allemand.
Confusion
Certains ministres souhaitent qu’il n’y ait pas de marge de tolérance pour les OGM dans le contenu des produits bio. Le plan présenté par la Commission européenne ne propose pas de seuil plus drastique pour les OGM que celui de 0,9 % de tolérance en-dessous duquel l’étiquetage « Sans OGM » est autorisé. Pour Bruxelles, il n’y a pas lieu de faire de différence entre les produits conventionnels et biologiques. La co-commissaire à l’Agriculture issue des nouveaux membres de l’UE, Sandra Kalniete craint que la cohabitation entre un étiquetage « Sans OGM » et « Encore plus exempt d’OGM » crée la confusion dans l’esprit des consommateurs.
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Consensus
Pour autant, les ministres européens sont globalement favorables aux 21 mesures Agra industrie n°68 du 10 juin 2004 préconisées pour développer la filière biologique. Le plan est un bon point de départ pour plusieurs délégations. Fort du large consensus, les Pays-Bas, qui occupent la présidence de l’UE à partir du 1er juillet prochain, entendent « conclure le dossier » dans les six mois.