Abonné

Global Grain 2009 Encore un potentiel de production à développer en mer Noire

- - 3 min

La production de grains en mer Noire a bondi ces dernières années. La région, qui constitue un vaste réservoir de terres, à même de répondre à la hausse des besoins mondiaux, peut encore mieux faire. L’action des gouvernements locaux, qui encouragent de plus en plus la production, peut aider. Mais il faudra du temps.

«Nous sommes dans un cycle où il nous faut trouver toujours plus d’hectares », a expliqué Dan Basse, président d’Agresources, lors de la conférence internationale sur les céréales Global Grain 2009 qui s’est déroulée à Genève le 19 novembre. Pour l’économiste, cela ne fait pas de doute : la mer Noire sera, avec l’Amérique latine, l’un des deux pourvoyeurs de terres de demain. En 2000, la région assurait 8 % de la production mondiale, un chiffre passé à 13 % en 2008. Petit à petit, des hectares retrouvent le chemin des rotations. Après avoir touché le fond à la fin des années 90, à un peu plus de 50 millions d’hectares surfaces, les surfaces cultivées progressent régulièrement. En 2007/2008, elles ont dépassé les 65 millions d’hectares. Pour Simon Bentley, de LMC international, cabinet de conseil agro-économique, qui intervenait également dans le cadre de Global grain 2009, la région dispose en fait d’un potentiel supplémentaire de 25 millions d’hectares. 5 millions se trouvent en Ukraine et le reste en Russie, dans la partie centrale et dans la région de la Volga, où la déprise s’est révélée très forte ces vingt dernières années.

Le frein des infrastructures en Russie

Mais le potentiel de la zone réside également dans l’amélioration des rendements. « La production est incroyablement erratique », observe Simon Bentley. La faute au climat, mais pas seulement. Les exploitations ne se sont pas toutes modernisées. En Ukraine, les grandes « agro-holdings » occupent 21 % des surfaces. En blé, elles sont capables de produire plus de 4 t/ha, contre à peine plus de 2 t/ha pour les fermes traditionnelles. Des niveaux de rendements qui restent dans tous les cas très inférieurs à ceux d’Europe de l’Ouest. Le gouvernement soutient le développement de ces grosses structures, et l’ouverture d’un marché des terres prévu en 2009 pourrait leur redonner du souffle. « Elles pourront acheter des hectares et accroître leur rentabilité », prévoit Simon Bentley.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

céréales
Suivi
Suivre

25 millions d’hectares à remettre en culture

En Russie, géant paradoxalement plus isolé que son voisin ukrainien, les progrès se font davantage attendre. Petit à petit, le gouvernement remet en place une vraie politique agricole. Il a notamment créé des soutiens à l’achat de nouveau matériel et des aides sur les engrais assorties de taxes sur les exportations afin de préserver les prix au niveau national. Le marché s’organise, avec un projet de création d’une société publique en charge de la commercialisation des cultures qui investirait également dans des unités de stockage. Au Kazakhstan aussi, l’Etat met en place des politiques de soutien à la production, assez proches des mesures prises en Russie.

Des signes sont encourageants : les exportations de la mer Noire renouent peu à peu avec les performances d’antan. En 2007/2008, elles ont atteint 40 Mt, toutes grandes cultures confondues, soit quatre fois plus qu’en 1999/2000. Cela, sachant que « les zones de production de blé en Russie sont éloignées des ports de la mer Noire », rappelle Simon Bentley, qui estime que les infrastructures constituent le principal frein à l’expression du potentiel de la mer Noire.