Le dernier Sommet européen de Jacques Chirac ne s’est pas attelé à un sujet futile et n’a pas débouché comme si souvent sur une impasse : pour contrer le réchauffement climatique, les plus hauts responsables de l’Europe ont tenté de donner l’exemple au reste du monde en adoptant pour l’horizon 2020 un objectif ambitieux de 20% d’énergies renouvelables (7% aujourd’hui). Même si la France a pu y faire admettre le nucléaire en tant qu’énergie « vertueuse » au regard du réchauffement, la voie à suivre sera pleine de contraintes que la Commission devra d’ailleurs traduire en Directives. L’une d’elle fera peut-être l’affaire de l’agriculture, c’est la décision d’imposer à la même échéance 10% de bio-carburant dans les véhicules. L’autre sera difficile pour tous les acteurs économiques, c’est de réaliser 20% d’économies d’énergies. Mais déjà pointe un nouveau front de résistance que pourrait former l’industrie alimentaire. Pour la CIAA, en effet, l’industrie qui utilise près de 70% de la production agricole européenne, court un grand risque à devoir partager les mêmes matières premières que celles que réclameront de plus en plus les fabricants de carburants verts.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L’exemple venu d’Outre-Atlantique est à méditer : le Congrès américain vient même de se saisir du dossier parce que l’utilisation croissante du maïs et du blé dans le bio-éthanol renchérit déjà certains produits alimentaires, produits céréaliers d’abord, mais jusqu’aux différentes viandes aussi.