Dans un rapport adopté le 1er mars, la Cour des comptes de l’UE estime que les synergies entre la politique visant à encourager la production et l’utilisation des énergies renouvelables et le développement rural ne sont pas suffisamment exploitées.
« Les ressources financières allouées au développement rural peuvent jouer un rôle dans la réalisation des objectifs en matière d’énergies renouvelables au niveau national et de l’UE, mais elles devraient alors profiter aux zones rurales », résume Samo Jereb, membre de la Cour des comptes responsable du rapport. Or, selon lui, la Commission européenne « n’a pas fourni suffisamment de précisions ou d’orientations à cet égard ». Résultat : si la plupart des projets visités à l’occasion de ce travail d’audit ont produit des résultats positifs sur les plans économique et environnemental, les États membres ont également financé des projets qui présentaient un intérêt économique pour leurs propriétaires, mais qui n’ont eu que peu d’effets bénéfiques pour les zones rurales.
Autre critique de la Cour : la bioénergie n’est pas synonyme d’énergie durable. En effet, le caractère durable de la bioénergie dépend de la manière dont la biomasse est produite et utilisée. Les mesures de sauvegarde sont insuffisantes (du fait de critères de durabilité peu rigoureux), y compris dans la révision en cours de la directive Énergie renouvelable, ce qui risque de favoriser à long terme un recours accru à une biomasse non durable, souligne le rapport.
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De plus, la Cour estime qu’aucune donnée exhaustive n’est disponible concernant les dépenses prévues pour les investissements dans les énergies renouvelables pour la période de programmation 2014-2020 dans le cadre du Fonds européen agricole de développement rural (Feader).
Pourtant, estime-t-elle, l’UE pourrait mettre en place de manière plus explicite « des conditions propices à une synthèse réussie entre énergies renouvelables et développement rural ». Le rapport recommande donc de mieux prendre en compte les besoins des zones rurales lors de l’élaboration de la future politique en matière d’énergies renouvelables, de prévoir de meilleures mesures de sauvegarde contre l’approvisionnement non durable en biomasse à des fins énergétiques et de n’octroyer un soutien qu’à des projets viables dans le domaine et offrant un avantage manifeste en matière de développement rural durable, en particulier lorsque les financements proviennent du Feader.