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Engrais azotés : vers un maintien de prix élevés en 2025

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Producteur et fournisseur majeur européen d’engrais azotés, LAT Nitrogen table sur un maintien des prix élevés des matières premières servant à la fabrication des engrais azotés, notamment la solution azotée.

Lors d’une conférence de presse organisée par FranceAgriMer le 27 février au Salon de l’agriculture, Renaud Bernardi, directeur des ventes LAT Nitrogen (un producteur et fournisseur majeur d’engrais européen), a déclaré que « les prix de la solution azotée ne devraient pas descendre en 2025 en dessous de leur niveau actuel », soit aux alentours de 330-340 €/t au départ des ports européens (incluant Rouen). Pour rappel, avant le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les prix départ Rouen s’affichaient à 150 €/t début janvier 2020, puis ont dépassé les 700 €/t en avril 2022, pour retomber aux alentours des 250 €/t en juillet 2024, selon les données de nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier. L’expert estime que les cours du gaz, qui sert à la fabrication des engrais azotés, resteront élevés. Même constat du côté des prix des solutions azotées importées, « la Russie maximisant ses marges ». Vient ensuite « l’intense demande indienne », qui s’approprie une bonne partie de l’offre internationale d’urée. « L’urée est le fertilisant le plus consommé au monde, et les prix devraient se maintenir à un haut niveau. Il s’agit d’un des principaux "drivers" du marché des engrais azotés », prévient l’expert. Pour résumer : les cours de l’urée pourraient progresser, entraînant dans leur sillage ceux de la solution azotée.

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Une production européenne qui a du mal à rebondir

Enuite, la production européenne d’ammoniac, composant de la solution azotée, « a certes rebondi, mais de manière insuffisante », indique Renaud Bernardi. D’après les données collectées par LAT Nitrogen, elle est estimée à 11,5 Mt en 2024, contre 10,3 Mt l’an dernier, mais s’affichait à 14,5 Mt en 2021, avant le début de l’invasion du territoire ukrainien par la Russie. Le directeur des ventes du fournisseur d’engrais a enfin expliqué craindre « pour l’avenir de la compétitivité de la filière européenne » à plus long terme, menacée par la hausse « des prix attendus du carbone et la fin prévue des quotas carbone alloués gratuitement aux fabricants européens de fertilisants ». Il s’inquiète par ailleurs du changement de comportement d’achats d’intrants des agriculteurs européens. Ces derniers avaient pour habitude de se couvrir de manière plus équilibrée tout au long de l’année. Mais aujourd’hui, « à cause de problèmes de trésorerie, ils attendent davantage au dernier moment. Ils achètent très peu en octobre-janvier pour ensuite se positionner massivement au printemps, créant des complications et des surcoûts logistiques », déplore Renaud Bernardi. Pour toutes ces raisons, le représentant de LAT Nitrogen déclare qu’il faudra « l’aide des gouvernements, surtout si l’on veut décarboner notre production d’ammoniac ».

Il faudra « l’aide des gouvernements ».