Le fabricant d’engrais Borealis et le spécialiste de l’hydrogène décarboné Hynamics (EDF) visent la fin 2025 pour démarrer la production d’ammoniac bas carbone grâce à une station d’électrolyse de l’eau. Aujourd’hui « en plein dans les études techniques », le projet initié il y a un an fera l’objet d’une « décision d’investissement au premier semestre 2023 », a précisé le 16 juin Pierre de Raphélis-Soissan. « On devrait pouvoir mettre en service l’unité autour de la fin d’année 2025. » Ce projet à Ottmarsheim (Haut-Rhin) représente un investissement de « plusieurs dizaines de millions d’euros », d’après lui. Il s’agit d’une station d’électrolyse de 30 mégawatts (MW) permettant de couvrir 15 % des besoins en hydrogène de l’usine d’engrais. Alimentée par le mix électrique français, l’unité doit permettre à Borealis de produire 36 000 tonnes d’ammoniac bas carbone, principalement utilisé pour la fabrication d’ammonitrate. Une baisse des émissions de CO2 de 48 000 tonnes est attendue. Le pilote est conçu pour grimper à 300 MW, soit la puissance correspondant à 100 % des besoins de l’usine.
« L’idée est de faire du couplage sectoriel », souligne Bertrand Walle, manager chez Borealis. Deux marchés sont effectivement ciblés en termes de décarbonation. Il y a d’une part l’industrie des engrais, à travers l’ammoniac. Mais aussi le secteur de la mobilité lourde, l’hydrogène servant à faire rouler des bus, camions, trains… « Peut-être aussi de l’hydrogène combiné avec du CO2 issu du biométhane, pour faire du kérozène », selon lui.
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Reste la question de la viabilité économique. « Il faudra un système d’aides au départ », déclare Bertrand Walle. Aujourd’hui, l’électrolyse revient « autour de 6 € par kilo d’hydrogène » quand le gaz naturel se situe aux environs de 2 €/kg. Toucher des aides permet de descendre à « un surcoût de facteur 1,5 ».