En raison de la hausse brutale des prix de l’ammoniac et de l’urée depuis la guerre en Ukraine, la Commission européenne a proposé, le 19 juillet, de suspendre les droits de douane (compris entre 5,5 et 6,5 %) sur ces matières premières utilisées pour la production d’engrais azotés dans l’UE, jusqu’à fin 2024. Avec cette mesure, l’UE estime qu’elle perdrait 15 M€ par an. Au-delà de ce manque à gagner, l’objectif est avant tout d’accroître la stabilité et la diversification de l’approvisionnement en favorisant les importations en provenance d’un plus grand nombre de pays tiers, tout en excluant la Russie (deuxième fournisseur) et la Biélorussie. Bruxelles estime que « cette mesure contribuera ainsi à alléger les coûts des producteurs d’engrais et des agriculteurs de l’UE ». En 2021, l’UE a importé 2,9 millions de tonnes (Mt) d’ammoniac et 4,7 Mt d’urée pour la production d’engrais azotés. La proposition est maintenant entre les mains des États membres en vue de son adoption.
Tout en saluant cette décision, le Copa-Cogeca estime que « cela reste incomplet pour le moment ». L’organisation professionnelle appelle ainsi à « aller jusqu’au bout de la logique en suspendant également les droits conventionnels sur d’autres engrais clés utilisés directement par les agriculteurs et les mesures antidumping sur les importations d’urée et de nitrate d’ammonium en provenance de Trinidad & Tobago et des États-Unis ». Avant d’affirmer que « seule une mesure aussi ambitieuse pourrait rendre ces marchés plus dynamiques et faire baisser les prix payés par les agriculteurs à long terme ».
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De leur côté, les États-Unis ont décidé depuis le 18 juillet, de lever les droits antidumping et antisubventions sur les engrais à base de nitrate d’ammonium et d’urée en provenance de Trinité-et-Tobago, estimant que ces importations ne nuisaient pas à l’industrie américaine. Le Copa-Cogeca demande ainsi instamment à la Commission « d’agir rapidement sur cette question, car les agriculteurs européens sont désormais en situation de désavantage comparatif par rapport à leurs homologues américains ».