Fertiberia et Fertinagro, deux filiales de multinationales espagnoles, viennent de racheter conjointement la société d’agrofourniture P. Leseur SAS, basée en Bretagne.
Deux leaders espagnols de la fertilisation ont décidé de conquérir les marchés de l’ouest de la France, voire plus... Ainsi, Fertinagro et Fertiberia, filiales respectives des multinationales Tervalis et Villar Mir, se sont associées pour racheter dans sa totalité la société Pierre Leseur, spécialisée dans la fabrication et la distribution d’engrais (22 salariés, 27M€ en 2014 de chiffre d’affaires). Pour Jean-Luc Pradal, directeur de Fertiberia France, « il s’agissait d’une société familiale, en fin de parcours, mais dont le président était très attaché à lui trouver un avenir », d’où ce rachat annoncé le 8 décembre. Elle aurait pu effectivement être avalée par des sociétés françaises concurrentes, au risque d’un démantèlement. Que nenni ! Dominique Nevoux, directeur de la société Pierre Leseur, confirme bien que son président, Pierre Leseur, 83 ans et deuxième du nom, « ne voulait pas démembrer la société ». Avec ses trois sites de production aux normes à Carhaix (29), Folligny (50) et L’Hermitage (35), la société présentait « des capacités significatives de stockage, de mélange et de conditionnement d’engrais » tout en ayant « une implantation stratégique », selon Jean-Luc Pradal.
Un ensemble original et performant
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« Nous pensons que cet ensemble a quelque chose d’original et de très performant », analyse Jean-Luc Pradal, tout en insistant sur le fait que la société P. Leseur restera telle quelle. « On ne leur met pas ma police sur le dos, on leur donne les moyens de vendre mieux », ajoute-t-il. Un objectif donc à l’horizon 2018 : multiplier par deux le chiffre d’affaires et la production (60 kT/an aujourd’hui). Des embauches sont d’ailleurs prévues rapidement pour les services commerciaux et de production. Le rachat de sociétés à l’étranger fait partie de la stratégie de développement des deux filiales espagnoles, théoriquement concurrentes, associées ici sous une holding, 2F SAS. « Investir des milliards d’euros dans la construction d’une usine n’est plus possible aujourd’hui en Europe. Mais l’on peut développer des partenariat, partager les investissements, mutualiser les ressources », analyse Jean-Luc Pradal. Il avoue avec Paul Joyeux, directeur de Fertinagro, avoir identifié « d’autres cibles » en France. A l’avenir, ils réfléchissent à un dispositif portuaire entre Huelva en Espagne et la Bretagne, afin de faciliter les approvisionnements et visent également le marché de l’alimentation animale.