L’Unifa (industries de la fertilisation) s’est voulue rassurante le 3 novembre sur les livraisons d’ammonitrates aux agriculteurs, dans un marché sous tension à cause des prix du gaz.
« Il y a une volonté forte de continuer à fournir la ferme France », a déclaré le président de l’Unifa (industries de la fertilisation) Renaud Bernardi, lors d’une conférence de presse le 3 novembre. Les industriels visent « au moins les mêmes niveaux de livraison » de nitrates que sur la campagne 2020-2021, d’après lui. Ce type de produit ne représente toutefois qu’une partie (« autour de 60 % ») des engrais azotés consommés en France. Pour le reste, à savoir l’urée et la solution azotée, des « incertitudes » existent en termes de disponibilités. L’acheminement de ces autres produits, largement importés, dépend des « logistiques maritimes, plus longues, plus aléatoires », a indiqué Renaud Bernardi. Alors que 100 % de la consommation française de nitrates est liée aux usines en Europe, cette proportion est de moins de 50 % pour l’urée et la solution azotée, selon ses chiffres. L’Unifa souligne ainsi l’intérêt d’une « production locale, avec des logistiques courtes ». Il y a « cinq usines qui produisent des engrais azotés simples en France, ces cinq unités tournent », a souligné Renaud Bernardi.
Les distributeurs couverts à plus de 60 %
Le secteur connaît des difficultés à cause des prix du gaz, qui ont triplé ces derniers mois. Cela se répercute sur les engrais azotés, aujourd’hui deux fois plus chers. Leur fabrication repose sur l’ammoniac, obtenu en combinant l’azote de l’air et l’hydrogène du gaz naturel. À cette question de prix, s’ajoute un souci de disponibilité : plusieurs fabricants européens d’engrais tournent au ralenti pour réduire leurs coûts. Selon l’Unifa, « 40 % de la capacité de production d’ammoniac est arrêtée » en Europe, car il revient plus cher de le produire sur place que de l’importer. Pour continuer à produire, les industriels importent plus d’ammoniac. « Les chaînes tournent avec de l’ammoniac produit en France ou importé mais elles tournent », a insisté Renaud Bernardi. Autre élément rassurant, selon lui, les distributeurs d’engrais ont un taux de couverture « légèrement supérieur à 60 % ».
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L’Unifa a par ailleurs communiqué le 3 novembre les livraisons d’engrais sur la campagne 2020-21, montrant déjà un essoufflement de certains produits. Elles sont tombées à 8,3 Mt d’engrais minéraux et organo-minéraux, soit un recul de 5,8 % par rapport à 2019-2020. L’évolution cache des disparités. D’un côté, les livraisons d’engrais simples azotés baissent (-13,1 % sur un an). De l’autre, les livraisons d’engrais simples à base de phosphore, potassium et magnésium, ainsi que celles d’engrais composés, enregistrent une hausse (entre +3,3 % et +19,9 %). « Les nitrates ont plutôt maintenu leur position, a détaillé Renaud Bernardi. C’est essentiellement sur les engrais d’importation qu’on a vu ces baisses. »