Dans un entretien accordé à l’AFP le 11 mai, Jorge Moreira da Silva, chef d’un groupe de travail de l’ONU chargé de faciliter le passage des engrais dans le détroit d’Ormuz, met en avant le risque d’une « crise humanitaire majeure » d’ici « quelques semaines » en raison du blocage de la voie maritime. « Nous pourrions assister à une crise qui plongera 45 millions de personnes supplémentaires dans la faim », a-t-il indiqué. Ce groupe de travail a été créé en mars à l’initiative du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Il a pour objectif de mettre en place un mécanisme qui permettrait le passage non seulement des engrais mais aussi de matières premières connexes, telles que l’ammoniac, le soufre et l’urée. « C’est une question de temps. Si nous ne nous attaquons pas rapidement à la source de la crise, nous devrons en gérer les conséquences avec de l’aide humanitaire », précise Jorge Moreira da Silva.
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Pour l’heure, Jorge Moreira da Silva dit avoir rencontré plus de cent pays pour obtenir leur soutien mais les parties impliquées dans le conflit ne sont pas encore convaincues. Il estime que le passage de cinq navires chargés d’engrais et de matières premières connexes par jour permettrait d’éviter une crise pour les agriculteurs. Car, bien que les prix des denrées alimentaires n’aient pas encore explosé, il relève une « forte augmentation » du coût des engrais qui, selon les experts, entraînera mécaniquement une baisse de la productivité agricole, puis une flambée des prix alimentaires. En cas d’accord, le mécanisme pourrait être opérationnel en sept jours, affirme-t-il. Mais même si le détroit rouvrait immédiatement, il faudrait, selon lui, trois à quatre mois pour un retour à la normale.
FM avec AFP