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Engrais organiques : les professionnels alertés sur des produits douteux

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L’Afaïa (entreprises de « matières fertilisantes et intrants innovants ») a publié le 15 juillet des « points de vigilance » sur les fertilisants organiques, face à une multitude de produits douteux.

Les agriculteurs et distributeurs sont appelés à la vigilance sur l’authenticité des engrais organiques, notamment pour la filière bio. « Une arrivée massive de “billes chinoises” est constatée depuis plus de deux ans », souligne le directeur d’Afaïa Laurent Largant. Problème, « les teneurs élevées en azote, et une origine végétale sans transformation chimique » suscitent des doutes au syndicat des supports de culture & paillages, amendements & engrais, biostimulants. L’Afaïa adresse une mise au point sur la teneur en azote, la forme chimique de l’azote, la teneur en soufre.

« L’origine "végétale" d’engrais organiques qui déclarent plus de 10 % d’azote doit être soigneusement tracée, et les procédés d’obtention bien étudiés », alerte son communiqué. Et de rappeler que les sources d’azote organique les plus riches viennent de matières premières animales, avec un taux de 15 % ou plus. Côté végétal, seuls certains tourteaux de soja, ou le gluten, très rarement utilisés en fertilisation, approchent les 10 %. Les tourteaux de ricin, colza, ou les pulpes ne dépassent généralement pas 5 %. « Une teneur élevée en azote ammoniacal dans un engrais dit " organique " doit conduire à s’interroger sur un possible ajout d’azote de synthèse », poursuit l’Afaïa. Cette part d’azote ammoniacal reste très minoritaire mis à part quelques effluents d’élevage, d’après le syndicat. Pour les origines végétales, elle ne dépasse généralement pas 1 %. Enfin, « les teneurs en soufre, pour les engrais organiques azotés, restent relativement faibles ». Côté végétal, elles ne dépassent pas 1 %, sauf pour certains tourteaux de colza.

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De nouvelles règles mises en cause

Les doutes d’Afaïa sur l’authenticité de certains produits sont tels que le syndicat les a signalés à la DGCCRF. Au total, les volumes représentent « plusieurs dizaines de milliers d’hectares », d’après le directeur Laurent Largant. Ce phénomène est amplifié par une nouvelle interprétation française de la notion d’« élevage industriel », source essentielle de fertilisants organiques pour l’agriculture bio. Depuis le 1er janvier, en sont exclus les effluents d’élevages en système caillebotis ou grilles intégral, d’élevages en cages, dépassant les seuils de 85 000 poulets, 60 000 poules, 3 000 porcs, 900 truies. Résultat, « des milliers de tonnes d’azote et de phosphore manquent à la filière bio », selon l’Afaïa.

Pour assainir le marché, l’Afaïa propose l’établissement d’une méthode d’analyse officielle afin de s’assurer, a posteriori, du caractère organique des fertilisants. Les méthodes isotopiques, déjà utilisées en agroalimentaire, donnent « des résultats très prometteurs », selon le syndicat.

« Arrivée massive de "billes chinoises" »