Dans une consultation publique, qui s’est achevée le 30 novembre, le ministère de l’Agriculture propose un décret pour abaisser la teneur maximale en cadmium des engrais phosphaté de 60 mg/kg à 40 mg/kg. « Un abaissement qui sera notifié à la Commission européenne […] pour une prise d’effet en juillet 2026 », souligne le ministère. Le sujet soulève des questions de santé et d'origine d'approvisionnement.
« Avec ce taux-là, on ne permet pas de réduire la contamination », affirme Jean-Loup Mouysset, cancérologue et membre de Santé Environnement France, une association de professionnels médicaux qui alerte sur les méfaits de ce métal, au média France Info. Pour rappel, l’Anses préconise que la concentration en cadmium des fertilisants phosphatés soit inférieure à 20 mg/kg. « On sait déjà depuis plus de trente ans que le cadmium est […] toxique au niveau osseux, au niveau des reins, au niveau du foie. Il a un effet cancérigène sur tous les organes, notamment le pancréas. Enfin, c’est un perturbateur endocrinien, ce qui favorise les cancers comme celui de la prostate et du sein », ajoute l’oncologue. Après la cigarette, le second facteur de contamination au cadmium se trouve dans l’alimentation, explique le spécialiste de la pollution des sols à l’Inrae, Thibault Sterckeman.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Reste que cet abaissement des taux de cadmium dans les matières fertilisantes phosphatées pourrait exclure certaines sources d’approvisionnement. En 2018, l’Unifa (industries de la fertilisation) pointait le risque pour l’UE d’une dépendance à l’égard des engrais phosphatés de Russie, en cas de teneur limite en cadmium sous les 60 mg/kg de P2O5. En deçà de ce seuil, « un problème de dépendance » se pose vis-à-vis des approvisionnements russes, qui seuls descendent à 20 mg, expliquait le vice-président de l’Unifa Henri Boyer.