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Enquête : l'Agtech chilienne en ébullition

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Puissance agricole essentiellement du fait de sa place de premier exportateur mondial de fruits frais, le Chili détonne en Amérique du Sud, par une économie stable et ouverte de par ses accords de libre-échange, notamment avec l’UE, et encadrée par des politiques publiques pérennes.

L'Agtech chilienne est à cette image. Le ministère de l’Économie a créé en 2010 un accélérateur nommé "Start-up Chili" pour faire du pays un « hub mondial de l’innovation technologique ». Start-up Chili aurait déjà aidé près de 700 start-up à hauteur de 45 000 dollars chacune en moyenne.

« Les filières fruits, vins et l’élevage de saumons ont fourni une partie non négligeable des projets, selon un mentor de Start-up Chili, Jorge Pizarro, qui cite pêle-mêle parmi les plus beaux succès : Instacrops (voir illustration ci-dessous - alerte climatique et gestion de l’eau), Oleotop (dérivés d’huile de colza), Swtstevia (édulcorants bio), Corbac (protéines animales), Bionativa (microbiote autochtone), Nutraline (suppléments nutritionnels). Mais aussi Geomar, Biofiltro, Super Delicious Foods, Sano Seafood, Maraseed, dans l’e-commerce.

Par exemple, Instacrops revendique 700 clients et un CA de 1,5 M$ réalisé sur trois ans. Son fondateur, Mario Bustamante, revient du salon Eureka, organisé la semaine dernière en Finlande, et compte d’ailleurs débarquer sur le marché européen avec des partenaires suédois et londoniens. Le coût du service d'Instacrops va de 3 000 à 15 000 dollars.

Mario Bustamante juge qu'au Chili, « c’est l’intelligence artificielle (IA) utilisée en production de fruits frais qui a le plus gros potentiel de création de valeur immédiate, même si actuellement, ce sont plutôt les logiciels d’administration (ERP) qui ont du succès », renseigne-t-il.

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L'entreprise Agronometrics, de son côté, analyse les données du marché (prix et marges) des fruits surtout. Elle s'adresse aux PME qui exportent aux États-Unis. Elle revendique 18 clients, au Chili mais aussi en France.

Dans la recherche publique, un fait notable est le chantier en cours du pôle technologique de l’Université du Chili, à Pudahuel, près de la capitale, sur 1 022 hectares. Il abritera le Centre technologique pour l’innovation agro-alimentaire (CETA), déjà en place, qui a reçu 24 M€ de financements pour tester et produire à grande échelle de nouveaux aliments, ceci depuis les ingrédients jusqu’à l’emballage.

Dans le secteur privé, il n’y a « pas de chiffre connu [des investissements dans les start-up agricoles] hormis dans la filière apicole (Consorcio apícola) qui a investi 120 000 € pour sa mise à jour high-tech », admet le quotidien El Mercurio qui recensait, fin 2015, « moins d’une vingtaine » de vraies start-up agricoles ou agroalimentaires au Chili.

Par notre correspondant en Amérique du Sud, Marc-Henry André