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Enseignement : le Snetap-FSU craint une suppression du Bepa

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Le Snetap-FSU, syndicat de l’enseignement agricole public et de ses personnels, craint qu’une information officieuse à propos d’une suppression du Brevet d’études professionnelles agricoles (Bepa), ne soit validée par une annonce officielle, ressort-il d’un entretien avec Agra Presse le 30 mars. Le ministère de l’Education nationale projette de transformer l’ensemble des BEP en attestations.

La direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) du ministère de l’Agriculture aurait indiqué officieusement au Snetap-FSU qu’elle entend supprimer le Bepa et proposer au prochain Conseil supérieur de l’éducation (CSE) son remplacement par une simple attestation. « À notre demande de relance de la réflexion concernant l’annonce par l’Éducation nationale de la transformation du BEP en une simple attestation, la DGER, sans sourciller, nous a annoncé qu’elle entendait également supprimer le Bepa et proposer son remplacement par une simple attestation dont les modalités seraient précisées plus tard… dans le cadre d’un groupe de travail », a rapporté le Snetap-FSU dans un communiqué le 20 mars.

Alors que depuis près de trois ans le syndicat « demandait que le groupe de travail émanant du Conseil national de l’enseignement agricole (CNEA), qui avait initié la réflexion sur les mesures d’évolution du Bepa redémarre, la DGER ne nous répondait pas… »

Le Bepa est reconnu par la profession agricole

L’organisation trouve « désolant » que le ministère de l’Agriculture suive « sans concertation » avec les enseignants et les professionnels la même ligne que celle de l’Éducation nationale, en décidant la transformation du BEP en une simple attestation, a commenté un de ses cadres, le 30 mars dans un entretien avec Agra Presse. « Nous aimerions savoir quel est le message que le ministère de l’Agriculture porte à ce sujet », a-t-il conclu. Le syndicat de l’enseignement agricole public « refuse sur le fond et sur la forme ce passage en force ».

Le Bepa permet à nombreux élèves en difficulté face au bac pro « d’accéder à un premier diplôme professionnel » reconnu par la profession agricole, fait valoir le Snetap-FSU. Il permet « l’acquisition d’un réel niveau technique et une véritable insertion professionnelle dans les différents métiers du monde agricole et maritime ». Il garde « dans nos établissements, auprès de nos élèves, une valeur certaine, mais également auprès des professionnels qui, lors de la réforme du bac pro, avaient exigé son maintien dans le cursus ».

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Il joue « ce rôle particulier de mettre pour la première fois nos élèves en situation d’examen devant un jury comportant des professionnels », et surtout, « pour de nombreux élèves en difficulté face au bac pro en 3 ans d’accéder à un premier diplôme professionnel et d’éviter un certain décrochage scolaire ». En effet, « plus de 10 % des élèves décrochent en fin de 1ère. Le diplôme qu’est le Bepa leur procure une reconnaissance dans le monde professionnel, ce que ne fournit pas une attestation », commente-t-on au Snetap en marge du communiqué.

Le Bepa permet « d’accéder à un premier diplôme professionnel »

FNSEA : « Nous ne voulons pas d’élèves laissés au bord du chemin »

Interrogée par Agra Presse, Marianne Dutoit, responsable de la commission « enseignement et formation » à la FNSEA, a réaffirmé l’intérêt du Bepa comme « première marche » pour des élèves qui ne vont pas jusqu’au bac. « Pendant la réforme du bac en trois ans, nous avons dit qu’il ne faut pas supprimer le Bepa, car nous ne voulons pas laisser des élèves au bord du chemin », a-t-elle souligné. « Après le Bepa, nous récupérons des élèves par la Certification de qualification professionnelle (CQP). Ils bossent, oublient un peu l’école, et sortent avec une qualification sans être complexés de ne pas avoir eu leur bac. Il serait dommage que la perspective pour eux soit le chômage », a-t-elle expliqué. Concernant un éventuel projet de suppression du Bepa, Marianne Dutoit a indiqué : « Nous n’avons pas été informés d’une telle annonce. Pour nous le débat n’existe pas. Nous attendons d’être reçus par la DGER ».