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Enseignement : l’école d’ingénieurs Junia bat de l’aile

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Développement à l’international, projets immobiliers, création de démonstrateurs : en 2019, l’école d’ingénieurs lilloise Junia (ex-Yncréa) affichait un vaste programme d’investissements de 146 millions d’euros. Ses ambitions sont aujourd’hui revues à la baisse. L’établissement, né de la fusion en 2012 entre l’Isa (agriculture), HEI (industries), Isen (numérique), est en proie à des difficultés financières, selon la presse. Mediacités évoque, dans un article publié le 27 septembre, une trésorerie prévisionnelle dans le rouge avec « un trou à combler de 11 M€ ». Le journal s’appuie sur le compte-rendu d’un CSE tenu en mars. Aucun chiffre n’est donné par Junia, qui a refusé notre demande d’interview, l’association ne publiant pas ses comptes.

« La direction a eu les yeux plus gros que le ventre », raconte une enseignante, sous couvert d’anonymat. Résultat, un plan d’économies est désormais engagé. Le nouveau d.g. Laurent Espine, arrivé en mars, veut « dégager du cash » en renonçant à des actifs immobiliers, déclare-t-il dans AEF Info le 19 septembre. En revanche, le « démonstrateur des agricultures et de l’alimentation de demain » sur le campus de Lille, un projet chiffré en 2020 à quelque 25 M€, voit, lui, son ouverture confirmée au printemps. L’école doit en parallèle se serrer la ceinture. « On nous demande de réduire les budgets pédagogiques, les frais de déplacement, ajoute l’enseignante. Et les équipes enseignantes s’allègent, avec un taux de remplacement de 1 sur 3. »

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Junia renonce par ailleurs à l’objectif d’augmenter de 15 à 20 % ses effectifs d’étudiants. Au motif que la réforme du bac appauvrit le vivier de recrutement des formations scientifiques. Selon l’agence AEF, le président de la CDEFI (Conférence des directeurs d’écoles d’ingénieurs) Emmanuel Duflos a pourtant affirmé le 18 septembre qu’« il n’y a pas de tension sur les recrutements post-bac ».

Une prévision de trésorerie déficitaire de 11 M€