Après avoir validé son process d’élevage et de transformation d'insectes, Entomo Farm veut aujourd’hui lancer la production à grande échelle. Pour l’élevage, il compte mettre en place une coopérative avec le concours d’agriculteurs et d’éleveurs.
Alors que les projets autour de l’élevage et de la transformation d’insectes se multiplient, le bordelais Entomo Farm lance sa 2e levée de fonds, après avoir déjà mobilisé 900 000 euros grâce au crowdfunding l’année dernière. « Nous cherchons aujourd’hui à mobiliser deux millions d’euros à partir de plusieurs sources : un million via la levée de fonds en cours sur Sowefund et des fonds d’investissements, et un autre million via des prêts bancaires et BPI France », explique Grégory Louis, p.-d.g. d’Entomo Farm. La campagne de levée de fonds a commencé sur la plateforme Sowefund et se poursuivra jusqu’au 10 juin.
Une usine et une coopérative en projet
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Une fois ce financement mobilisé, Entomo Farms pourra concrétiser plusieurs projets. D’abord renforcer ses équipes. Ensuite, aménager un ancien site industriel de 4000 m2 pris en location à Libourne (Gironde), afin d’y installer un outil de transformation d’insectes en farines. Et mettre sur pied une coopérative afin de fédérer des agriculteurs ou des éleveurs de la région qui pourraient développer une activité de grossissement d’insectes. « Nous souhaitons créer un réseau d’agriculteurs qui accueillerait les insectes pour un ou plusieurs cycles de 2 mois et demi dans des bâtiments agricoles inutilisés une partie de l’année », explique Grégory Louis. Cette nouvelle activité permettrait de répondre à l’attente d’agriculteurs pour des revenus complémentaires ou en reconversion. Selon les projections d’Entomo Farm, un bâtiment agricole de 1000 m2 mobilisé pour plusieurs cycles de grossissement pourrait rapporter environ 30 000 euros par an. Grégory Louis prévoit ainsi qu'il pourra produire 400 tonnes de farine d'insectes chaque année à partir de 2018.
Le marché de la farine d’insecte en est à ses prémisses. Outre l’alimentation humaine, le débouché de l’alimentation animale est celui qui est privilégié par plusieurs industriels parmi lesquels Entomo Farm. « En décembre 2016, la Commission européenne a validé une proposition autorisant l’usage des farines d’insectes dans l’alimentation des poissons d’élevage à partir 1er juillet 2017 », rappelle l’entreprise (Agra Alimentation du 20 octobre 2016). Entomo Farm compte profiter de ce marché qu’il estime très prometteur. L’aquaculture européenne consomme par exemple un million de tonnes de farines de poisson chaque année. Et la pisciculture est actuellement à la recherche de sources de protéines alternatives aux produits de la pêche minotière. Depuis sa création il y a deux ans, Entomo souligne maîtriser complètement le process d’élevage et de transformation des insectes. Il se présente comme le premier producteur français de matières premières naturelles issues des insectes : farines de protéines, huile d’insecte et amendement organique. L’actionnariat se répartit entre le fondateur Grégory Louis, majoritaire, des business angels et le fonds régional Aquiti.