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Alimentation animale Entre 2006 et 2009, les formulations se modifient aux dépens du blé

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Drèches, pulpes et tourteaux prennent le pas sur le blé et ses co-produits dans les formulations d’aliments du bétail entre 2006 et 2009, selon Agreste. Le développement des filières diester et éthanol ont favorisé cette substitution.

Entre 2006 et 2009, avec le développement des sites de production de biocarburant, « des tonnages importants de co-produits issus des filières du diester et de l’éthanol sont arrivés sur le marché des matières premières », annonce le service des statistiques du ministère de l’Agriculture (Agreste primeur n°258). Tourteaux, drèches et pulpes sont donc disponibles pour les fabricants d’aliments, souvent à bon marché. Ainsi, en trois ans, les quantités de tourteaux de colza et de tournesol, issues de la filière diester et utilisées en alimentation animale, augmentent de 13% (29% du total des intrants). Le tourteau de colza, produit sur le territoire (2 millions de tonnes en 2006 pour 3,7 millions en 2009), remplace celui du soja dans l’alimentation des bovins et des porcs. « À raison de 1,5kg de tourteau de colza pour 1kg de tourteau de soja, les quantités utilisées font un bond de près de 30% », remarque Agreste. En tourteau de tournesol, la progression est de plus d’un tiers par rapport à 2006. Le soja voit ainsi son emploi se stabiliser entre 2006 et 2009, en raison de son cours élevé mais aussi de son remplacement possible dans les formulations par les deux types de tourteaux précédents (3,1 millions de tourteaux de soja incorporé en 2009, soit 15% des intrants). « Le retour croissant aux tourteaux de colza et de tournesol s’accompagne d’un net recul d’autres sources protéiques comme les graines oléoprotéagineuses de pois, dont la production nationale a été divisée par deux entre 2006 et 2009. Cette baisse ne devrait cependant pas perdurer au vue de l’augmentation de leurs surfaces cultivées », souligne Agreste.

De moins en moins de blé dans les formules
Les co-produits de l’éthanolerie, gluten et drêches de blé ou de maïs, se substituent au blé et à ses co-produits traditionnels. Ainsi en 2009, « l’utilisation de co-produits traditionnels comme les sons et issues de céréales en provenance de la meunerie recule de près de 400 000 tonnes par rapport à 2006, déclare Agreste. Prédominant il y a trois ans avec 70% de ce marché, ces co-produits voient leur part baisser à 55%. » Ils sont remplacés par les co-produits du blé (25 000t en 2006 contre 210 000t en 2009) et du maïs (9,5t en 2006 contre 111,6t en 2009) issus de l’éthanolerie. « À un degré moindre, le développement de nouvelles productions issues de l’amidonnerie du blé participe aussi à la diversification des co-produits », note Agreste. Il observe également que si la quantité de céréales utilisée entre 2006 et 2009 en alimentation animale reste constante (49% soit 10,3 millions de tonnes), la quantité de blé diminue au profit du maïs. « Le blé, surtout, voit son utilisation chuter de 1,1 million de tonnes. Sa part, de 48% dans l’ensemble des céréales utilisées, est très en deçà des 60% observés en 2000 ou encore des 57% de 2006. » La part du maïs dans l’alimentation progresse de 12 à 14% entre 2006 et 2009 (+600 000t). L’incorporation d’orge reste stable (1,6 million de tonnes) mais celle du triticale « s’accroît en revanche de façon constante depuis 1991 » (500 000t en 2009).

La fabrication d’aliment à la ferme explose en 2009
« En 2009, après deux années de hausse, les fabricants d’aliments pour animaux de ferme sont en recul et ne dépassent pas les 21 millions de tonnes ». Avec la flambée des céréales de 2008, les éleveurs ont favorisé la production d’aliment sur l’exploitation pour gagner en autonomie. En outre, l’importance des récoltes 2008 et 2009 conjuguée à la baisse du cours des céréales fin 2008 a également favorisé ces fabrications à la ferme. « D’après les bilans d’approvisionnement, un montant record de 4,7 millions de tonnes de blé a ainsi été consommé à la ferme au cours de la campagne 2008-2009 pour l’alimentation animale », relève Agreste. Les aliments minéraux et d’allaitements reculent aussi entre 2006 et 2009, respectivement de -6% et de -17%. L’élevage bovin en crise n’achète pas.

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