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Insémination artificielle Entre collaboration et compétition, quelle stratégie prévaut entre coopératives ?

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« Comment poursuivre une coopération tout en étant dans la compétition ? », tel était le sujet du débat lors de l’Assemblée générale de l’UNCEIA, le 15 février. La « coopétition » semble être une réponse.

La « coopétition », une notion clef pour les entreprises qui se retrouvent de plus en en concurrence mais doivent également coopérer entre elles pour faire face à la mondialisation. L’Union nationale des coopératives agricoles d’élevage et d’insémination (UNCEIA) en a fait le sujet de son débat public lors de son assemblée générale le 15 février. Christophe Assens, maître de conférence à l’Université de Versailles, a expliqué les intérêts de cette « coopétition ». « Entre firmes, les jeux stratégiques tournent autour de la coopération, de la concurrence, de l’évitement… », déclare-t-il. La coopétition est une association entre entreprises sur un domaine (recherche, distribution, commercialisation…), tout en restant concurrentes ailleurs. Elle permet aux deux parties de gagner du pouvoir de marché en réduisant la menace de nouveaux entrants, en augmentant leur pouvoir de négociation avec leurs clients, l’Etat, leurs fournisseurs… Elle permet également de défendre l’intérêt de toute une filière. Ainsi « des coopératives concurrentes de la filière maïs mènent une action concertée en Alsace pour éradiquer la chrysomèle, un insecte ravageur », note Christophe Assens. De plus, elle est intéressante pour faire des économies d’échelle en matière de construction (secteur automobile) ou de recherche et développement. C’est le cas par exemple d’une filiale d’In Vivo dédiée à la création variétale qui a rejoint RAGT Semences de façon à en accroître le potentiel de recherche. Par contre, sur le plan de la commercialisation, les deux groupes restent concurrents.

La coopétition pour les coopératives

Mais, comme le remarque Christophe Assens, des comportements déviants peuvent survenir au sein de l’association, au détriment de l’un des membres. Des solutions existent pour contrer cela : conventions tacites, charte des bonnes pratiques, tiers de confiance, échange de personnel… En 2006, avec la fin du monopole de zone pour les coopératives d’insémination, le problème s’est posé de la même façon, relève Alain Guillaume, président de Gènes Diffusion. « Nous sommes dans une période de transition car nous devons gérer de la coopération et de la compétition au sein de l’UNCEIA », déclare-t-il. Patrice Gollier, directeur d’InVivo, pose la question principale à travers son groupe : « InVivo, c’est plus de 250 coopératives concurrentes entre elles, alors qu’est ce qui est de l’ordre du ressort de l’union et de chacune des coopératives ? » Jean-Pierre Mourocq, président de Créavia, s’interroge : « La génomique va faire tourner les choses très vite. Nous sommes peut-être très bons aujourd’hui, mais ne le serons peut-être plus demain. » Pour récupérer des marchés mondiaux, « tout seul, on ne sait pas faire. » Il met en avant le terme de « coopération », car comme le précise Jacques Coquelin, président d’Amélis, « aujourd’hui, le terrain de jeu, c’est le monde ! »

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