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Fruits et légumes Entre compétitivité et écologie, le Sifel propose une « troisième voie »

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Le Sifel France, Salon international des techniques de fruits et légumes, a ouvert à Agen sa 30e édition le 10 février en proposant à ses visiteurs la « troisième voie » de l’éco-compétitivité. Ni tout bio, ni tout chimique, il s’agit de produire de façon compétitive et néanmoins avec le moins possible de pesticides, d’engrais et d’énergies fossiles.

Le 30 e Sifel France, qui s’est tenu du 10 au 12 février à Agen, fait de l’éco-compétitivité sa nouvelle voie d’évolution. « Une troisième voie », entre le conventionnel et le bio, a indiqué Yves Bertrand, président du Sifel et agriculteur serriste (10 hectares de serres de tomates et fraises), le premier jour du salon.

Une vitrine de la co-génération

Yves Bertrand a expliqué ce que signifie cette troisième voie. « Le bio prend une place croissante ». Tant au Sifel que dans les rayons des magasins ou « dans les esprits ». Or, il faut continuer à nourrir les consommateurs, à des prix relativement attractifs. Quels sont les moyens de cette voie ? « Nous insistons sur l’économie des intrants », a-t-il répondu. Les moyens d’action pour économiser les coûts sont nombreux.

Ce Sifel se veut en particulier une vitrine de la co-génération (production de chaleur et d’électricité en même temps) en serres. Son président en est un des pionniers, comme l’a montré une visite de ses installations. « Nous sommes les pionniers en France, mais gardons à l’esprit qu’aux Pays-Bas 90% des serres fonctionnent en co-génération ». La diminution des coûts énergétiques, c’est aussi la réduction des frais de transports. La production d’un kilo de tomates d’Agadir en plein champ doit être comparée à la production d’un kilo de tomates sous serre produites dans le Lot-et-Garonne ou en Bretagne.

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Des fruits moins lisses, mais moins traités et plus goûteux

La réduction des utilisations de phytos est l’autre grand sujet. François Villeneuve, chargé de programme au CTIFL (le centre technique de la filière), devait indiquer le 12 février dans une conférence les « solutions et pistes pour maintenir la compétitivité par des méthodes alternatives ».

Jacques Weill, directeur de la Fédération des coopératives agricoles d’Aquitaine, estime que les leviers d’action sont nombreux. Cela va du piégeage sexuel des insectes, à l’obtention de variétés de fruits et légumes plus axées sur la qualité gustative que sur l’aspect esthétique. Produire des fruits et des légumes lisses et sans taches nécessite une bonne part des insecticides utilisés en arboriculture, sur les pommes entre autres. De même, la réglementation de la DGCCRF sur les calibres oblige les producteurs à « éclaicir », par traitement chimique, après la floraison.

Faire comprendre toutes ces contraintes aux consommateurs et infléchir la réglementation nécessitera une pédagogie que les producteurs sont prêts à entreprendre, selon Jacques Weill.