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Entre espoir ou désespoir

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L’élection de Donald Trump montre qu’aucun pays occidental n’est à l’abri de l’élection d’un homme au programme aussi radical. Le recours à l’extrême reste toujours possible. Il est d’actualité. On n’a pas fini de découvrir à quel point l’anti-establishment, comme on dit dans le pays du Brexit, motive une part croissante des populations. La persistance de la pauvreté et du chômage en est largement à l’origine. On remet en cause la légitimité des politiciens établis, des institutions d’État, des grandes entreprises et des syndicats traditionnels, accusés de ne pas savoir résoudre les problèmes, voire accusés d’en créer de nouveaux.

Cette élection montre également que les sondages se sont systématiquement trompés. Sans doute se fondent-ils sur des échantillons peu représentatifs, avec des modèles de questions inadaptés. Les médias et politiques, du coup, se trompent aussi, sous-estiment les vagues de désespoir. Ils ne voient pas ce qui se passe aux portes mêmes de leurs bureaux.

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Ce qui est vrai de la société en général l’est aussi des mondes ruraux et agricoles. Les crises, quand elles durent si longtemps, finissent par laminer les raisons d’espérer un avenir meilleur. Et cependant, en agriculture, l’arrivée de nouvelles technologies qui fleurissent, depuis les drones et capteurs de toutes sortes jusqu’au numérique, devraient redonner des perspectives encourageantes. Mais deux réactions sont possibles : soit les agriculteurs se disent qu’ils sont "largués" par ces technologies ; soit ils y croient. Il faut leur donner les moyens de s’y investir pour que ces nouvelles technologies profitent à l’intérêt général. À cette condition, les agriculteurs peuvent avoir, malgré la crise, des raisons d’espérer. À condition, aussi, de ne pas se raccrocher à des rêves extrémistes et irréalistes.