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Entre grèves et ralentissement saisonnier, le marché du porc s’engorge

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Après des mois de hausse, le prix du porc français est redescendu sous la barre du 1,50 €/kg, lors de la cotation du 23 janvier au Marché du porc breton (MPB). Le marché de référence a clôturé à 1,455 €/kg, poursuivant une baisse continue depuis le pic du 12 décembre (à 1,702 €/kg). Environ 3 000 porcs n’ont pas trouvé preneur à Plérin, ce qui « démontre le peu d’empressement des abattoirs à s’approvisionner ».

« Le contexte social particulier qui sévit en France depuis plusieurs semaines s’ajoute à une offre qui reste élevée », commentent les analystes du MPB. L’habituel ralentissement autour des fêtes de fin d’année – provoqué par les jours fériés et la fin des commandes pour le Nouvel an chinois – a été aggravé par les grèves contre la réforme des retraites. Les mouvements sociaux « paralysent notamment le commerce à l’export avec des containers bloqués dans les ports, tandis que les frigos sont à présent pleins », expliquait le MPB dans sa note hebdomadaire du 20 janvier.

Résultat : les abattoirs tournés vers le grand export se replient « sur le marché européen où la concurrence est sévère ». Or, l’écart se creuse « de plus en plus » entre la France et les autres producteurs européens, alerte le MPB. Après avoir connu une tendance « globalement baissière » depuis mi-décembre, « les marchés du nord de l’Europe se stabilisent sous l’effet d’un retour progressif à l’équilibre entre les offres et la demande. » Le Danemark a été le premier à renouer avec la croissance « en raison de sa forte présence sur les marchés à l’export, en particulier en Asie ».

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Il serait prématuré de parler de retournement de la conjoncture : malgré un palier en fin d’année, la demande chinoise provoquée par l’épizootie de peste porcine africaine (PPA) semble amenée à perdurer. « En dix mois, la Chine a perdu 38 % de son cheptel de truies et la production a officiellement reculé en 2019 de 21,3 % en volume », rappelle la lettre Chine-Abcis, élaborée par les instituts de recherche en production animale (Idele, Ifip et Itavi). Leurs conclusions : « Les prix et les importations resteront donc inexorablement élevés dans les prochains mois. »

Prématuré de parler de retournement de la conjoncture