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Réforme de l’équarrissage Entre satisfaction et vigilance des professionnels

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Le service public de l’équarrissage (SPE) devrait se recentrer très prochainement sur les animaux morts en exploitations. Les entreprises pourront contractualiser directement avec leurs équarrisseurs. Le Syndicat des industries françaises des coproduits animaux (Sifco) estime être en accord avec ce projet de dispositif, qui devrait voir le jour à l’automne, mais appelle à la vigilance des pouvoirs publics. En revanche, le Sniv pousse « un cri d’alarme » et ne comprend pas pourquoi les entreprises devraient continuer à payer pour la collecte et l’élimination des animaux en exploitations.

« Le service public de l’équarrissage (SPE) devrait se recentrer sur les animaux trouvés morts dans les exploitations agricoles », a annoncé Jacques Brulhet, responsable de la commission de réflexion sur l’équarrissage au ministère de l’agriculture, lors de l’assemblée générale du Syndicat des industries françaises des coproduits animaux (Sifco) le 16 juin. « A l’automne, un décret devrait permettre la sortie des abattoirs du SPE et la contractualisation avec les équarrisseurs », a-t-il ajouté. Si ce dispositif est confirmé, les entreprises paieront donc en direct leurs propres déchets. Progressivement jusqu’en 2006, les boucheries devraient également « sortir » du cadre du SPE et « pourraient récupérer la TVA », a-t-il indiqué. En ce qui concerne les animaux de compagnie (moutons, chevaux…) dans les propriétés privés, Jacques Brulhet a indiqué souhaiter qu’ils ne rentrent pas dans le cadre du service public. Il a par ailleurs ajouté qu’il était « i mportant que soit mis en place un comité de pilotage du SPE pour éviter des dérives et la création d’un conseil spécialisé ». Enfin, il a insisté sur le fait « que tout le monde devait participer au dispositif d’équarrissage, y compris les catégories d’éleveurs exemptés ». Les différentes modalités de financement du système devraient être connus prochainement.

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Adhésion pour le Sifco, « cri d’alarme » pour le Sniv

Du côté du Sifco, son président Bruno Point, indique « être en accord avec l’ensemble du dispositif ». « Cela permettra de mettre de mettre un terme à l’anomalie économique qu’a représentée le fonctionnement de l’équarrissage en France depuis plus de quatre ans sous le régime de la réquisition», a-t-il déclaré. Mais le Sifco en appelle tout particulièrement à la vigilance des pouvoirs publics, pour que les mécanismes de marché qui devront être mis en place « soient économiquement et juridiquement efficients, afin qu’aucun retard ne puisse être déploré du fait de textes trop complexes à mettre en œuvre». Du côté du Syndicat national des industries des viandes (Sniv), la satisfaction est beaucoup moins de mise. Le nouveau SPE pour les animaux morts serait financé conjointement par l’Etat, les éleveurs en faible partie et les entreprises, via la taxe d’abattage qui serait maintenue, mais à un niveau encore inconnu. Le Sniv n’hésite pas à lancer « un cri d’alarme ». « Il s’agit d’une injustice fiscale qui va aggraver la situation du maillon central de la filière bovine. Il y a bel et bien inéquité sur le maintien annoncé de la taxe pour financer le SPE recentré sur la collecte et l’élimination des animaux trouvés morts dans les exploitations », explique-t-il.