Dans le cadre de la réorganisation de son parc industriel Ouest, Entremont Alliance reconvertit la production de son site de Quimper dans la production de mozzarella et de fromages à pâte pressée. Un investissement qui pourrait être proche des 15 millions d’euros et pour lequel la société d’Annecy entend demander un financement à hauteur de 40% par les pouvoirs publics. Sa production d’emmental principalement assurée en Bretagne par trois usines, Entremont Alliance veut profiter de la croissance mondiale des « ingrédients fromagers ».
Et de trois. Après le partenariat Eurial-Terrena-Celia, après Lactalis, c’est au tour d’Entremont Alliance de se lancer sur le marché de la mozzarella. Poursuivant la rationalisation de son parc industriel cf. Agra alimentation n°1912, du 12 janvier 2006, p. 23, le groupe va reconvertir la production d’emmental de son usine de Quimper. D’une capacité de 20 000 tonnes, ce site qui produit 16 000 tonnes d’emmental transformera à partir du premier semestre 2007, 250 millions de litres de lait en 25 000 tonnes de mozzarella et de fromages à pâte pressée. L’activité de séchage et de lactosérum sera quant à elle conservée.
Un investissement de l’ordre de 15 millions d’euros
La modification du processus industriel « restera modeste », précise le groupe, « dans la mesure où l’ensemble des infrastructures existantes sera utilisé ». L’investissement financier devrait être de l’ordre de celui engagé par Lactalis il y a peu cf. Agra alimentation n°1924, du 6 avril 2006, p. 17, précise-t-on auprès du groupe. Début avril, le groupe laitier de Laval avait annoncé un investissement de 15 millions d’euros à venir pour faire passer de 18 000 à 45 000 tonnes la production de fromage industriel de son site de Pontivy. Deux projets « pas très chers », se plait-on à rappeler du côté d’Entremont Alliance, au regard de celui mis sur pied par le partenariat entre Eurial-Poitouraine, le groupe Terrena et Celia. Ces derniers prévoient d’investir 56 millions d’euros en Loire-Atlantique dans un site neuf, d’une capacité de 30 000 tonnes de mozzarella. Comme ses deux concurrents, Entremont Alliance entend par ailleurs demander un financement à hauteur de 40 % de son investissement par les pouvoirs publics, dans le cadre des aides à la restructuration du secteur.
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Se positionner sur le marché des « ingrédients fromagers »
Le groupe d’Annecy apporte ainsi une touche finale à la réorganisation de son parc Ouest. Sa production d’emmental est désormais assurée par son site de Montauban-de-Bretagne, dont la capacité a été poussée à 47 000 tonnes, celui de Maléstroit qui en produit 25 000 tonnes, et celui de Guingamp, dont les capacités sont portées de 20 000 à 40 000 tonnes. En « recyclant » son usine de Quimper, la société entend elle aussi surfer sur le potentiel de croissance des « ingrédients fromagers » qui évoluent sur un marché mondial. A titre d’exemple, les ventes de mozzarella progressent de 2 à 3 % , tirées par le développement de la pizza. Il s’agit ainsi pour Entremont Alliance de regarder hors des frontières hexagonales, et plus particulièrement vers l’Allemagne, certains pays d’Europe de l’Est, et plus loin encore, vers l’Asie.