Les entrepreneurs de travaux agricoles essuient aussi les effets de la crise. Leurs contrats comme le nombre d’emplois qu’ils génèrent ont diminué en 2016. Cependant, ils restent convaincus de leur capacité à rebondir. À condition toutefois de savoir saisir les occasions qui s’offrent à eux.
« Si on ne s’adapte pas, on va se retrouver à la rue », a affirmé Gérard Napias, président de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT), le 6 décembre, alors qu’il s’interrogeait sur la façon, pour les entreprises de travaux agricoles, de « rebondir dans une situation de crise ». Car les entrepreneurs des territoires terminent une année 2016 difficile. « C’est la première fois en dix ans que l’on perd de l’emploi », a déploré Gérard Napias. La Caisse centrale de MSA a enregistré un recul de 1 000 contrats de travail permanents et occasionnels dans les entreprises de travaux agricoles en 2016. En cause, la loi de finances 2015, qui a supprimé l’exonération des charges sociales sur les contrats des travailleurs occasionnels et des demandeurs d’emploi. « Ça a entraîné une augmentation de 2 à 3 € du coût de l’heure de travail ! », estime Gérard Napias.
Victimes collatérales de la crise
Par ailleurs, les entrepreneurs de travaux agricoles sont les victimes collatérales de la crise agricole. Entre des revenus proches de zéro et des retards de versement des aides Pac, les trésoreries des agriculteurs sont au plus bas. Ceux qui ont fait appel aux entrepreneurs de travaux agricoles (40 % de la surface en céréales est récoltée par des prestataires) ont aujourd’hui du mal à honorer leurs factures et mettent les entreprises de travaux agricoles à leur tour dans le rouge. Les entrepreneurs de travaux agricoles regrettent de ne pas avoir été inclus dans le plan de soutien à l’agriculture. Sur les zones les plus touchées par la crise, « la FNEDT demande le financement de la trésorerie des entreprises de travaux avec des prêts garantis par la Banque publique d’investissement ».
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Professionnaliser la relation client
Malgré un contexte économique morose, la FNEDT veut voir plus loin. Il y a « des opportunités de développement de nouveaux services, clefs de l’agriculture de demain », estime-t-elle. Pour les saisir, les entrepreneurs de travaux doivent anticiper les nouvelles pratiques, via des nouveaux outils tels que les drones, robots et technologies embarquées. Par ailleurs, les entrepreneurs de travaux doivent s’adapter aux attentes de leurs clients, rappelle Gérard Napias. La FNEDT a réalisé un audit au cours de l’année 2016, en interrogeant ses différents interlocuteurs : banques, fournisseurs, syndicats, agriculteurs… Elle en a notamment tiré la conclusion que les entrepreneurs doivent « se professionnaliser dans leurs relations avec les agriculteurs ». « Les générations changent et sont désormais dans un esprit contractuel », explique Gérard Napias, qui invite les entrepreneurs à suivre cette voie. Par ailleurs il apparaît que les entreprises « manquent d’orientation ». Une lacune qui « les empêche de se développer alors qu’il y a des fenêtres ». La FNEDT compte travailler sur ces questions à l’occasion de son 85e congrès national qui se tiendra du 2 au 4 février 2017 à Agen.
« C’est la première fois en 10 ans que l’on perd de l’emploi », déplore Gérard Napias