La filière des légumes transformés (Unilet, Cénaldi et Fiac) a tenu son assemblée générale d'information le 18 juin. L'occasion de rappeler ses inquiétudes par rapport aux normes environnementales.
C'EST en France que la conserve a été inventée en 1795 et aujourd'hui encore, notre pays, reste le premier producteur de légumes en conserve de l'Union européenne. La filière française des légumes transformés regroupe 19 organisations de producteurs (soit 5 000 exploitations) et 28 sites de transformation. La première inquiétude de la filière porte sur la protection des cultures. « Quels que soient les efforts que nous faisons, nous avons toujours des difficultés d'ordre administratif et nous subissons une distorsion de concurrence vis-à-vis des autres Etats membres », pointe Jean-Bernard Bonduelle, le président de l'interprofession des légumes en conserve et surgelés (Unilet). Les représentants de la filière, réunis en assemblée générale d'information à Paris le 18 juin, rappellent que les marges de manœuvre pour l'utilisation de produits phytosanitaires sont « de plus en plus restreintes », augmentant ainsi les risques d'aléas sanitaires.
Une des revendications portait également sur l'application du 5e plan d'action zones vulnérables/nitrates. « Plusieurs actions ont été faites auprès du ministère de l'Agriculture pour faire reconnaître la nécessité de pouvoir apporter de l'azote organique sur les cultures de légumineuses potagères », fait valoir le président de l'AOP nationale des légumes à destination industrielle (Cénaldi), Luc Desbuquois. Au final, la filière a obtenu gain de cause avec une possibilité d'apport de fertilisant organique mais « il reste à négocier les arrêtés régionaux qui peuvent être plus contraignants que l'arrêté national ».
L'interdiction du bisphénol A (à partir du 1er janvier 2015) dans les boîtes de conserve est également regrettée par la filière. « C'est une aberration d'avoir arrêté un produit qui est autorisé dans le reste de l'Europe », commente Pierre Sifflet le président de la Fédération des industries d'aliments conservés (Fiac).
Corinne Orzechowski, déléguée aux industries agroalimentaires, a répondu aux doléances de la filière des légumes transformés : « La loi (du 24 décembre 2012 concernant l'interdiction de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A) a pour objectif de répondre aux peurs alimentaires et redonner de la confiance aux consommateurs. Il faut pouvoir en faire un atout pour répondre à l'enjeu de l'export. Au niveau européen, nous sommes en train de recenser l'ensemble des dispositifs français qui sont anti-concurrentiels. Comme vous, je crois qu'un travail au niveau européen doit se faire de manière collaborative », commente-t-elle.
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Prévisions 2014
Lors de l'assemblée générale de l'Unilet, de la Fiac et du Cénaldi, Jean-Bernard Bonduelle a fait remarquer que la consommation de légumes frais et transformés était en baisse depuis une quinzaine d'années. « Nous devons renforcer nos opérations de communication et maintenir notre organisation économique », assure-t-il. Il pointe aussi la crise de la confiance du consommateur vers l'agroalimentaire depuis la crise de la viande cheval.
Actuellement, un tiers des surfaces françaises de légumes est consacré aux légumes industriels et deux tiers sont destinés au marché du frais. Pour 2014, 872 000 tonnes de légumes devraient être produites à destination des conserves et surgelés sur 64 500 hectares, avec une baisse des surfaces pour les haricots (-1%) et les pois (-6%). Les grosses carottes (+19%), les flageolets (+11%) et les navets (+10%) ont les rendements prévisionnels les plus importants. Concernant les contrats avec les producteurs, « il semble que les organisations de producteurs aient été entendues et les contrats, dans leur majorité, aient été reconduits (par rapport à 2013) sans trop de variations », note le Cénaldi.