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Environnement : vers un port d’arme « discret » pour l’OFB

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Matignon a annoncé la validation d’une convention entre l’OFB et les chambres d’agriculture, aussitôt démentie par la tête du réseau agricole. Le futur accord prévoirait une évolution des modalités de contrôle et un port d’arme plus « discret ».

Les agents de police de l’Office français de la biodiversité (OFB) ne seront finalement pas désarmés, mais arboreront « un port d’arme discret, un peu comme ça se fait dans la gendarmerie par ailleurs », a indiqué Matignon lors d’un brief à la presse le 15 mars.

Cette mesure fait l’objet d’une convention « qui vient d’être votée à la fois au conseil d’administration de l’OFB mais aussi au conseil d’administration des chambres d’agriculture », et qui « fait évoluer […] les modalités de contrôle » de la police de l’environnement, a précisé l’entourage du Premier ministre.

Cette convention avait été annoncée par le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu le 1er février, afin de « recréer de la confiance » entre les agriculteurs et la police environnementale.

Pour rappel, le Premier ministre Gabriel Attal avait lui-même questionné la nécessité pour les agents de l’OFB d’être armés « quand on vient contrôler une haie », le 26 janvier, quand il avait annoncé une mise « sous tutelle des préfets » pour « faire baisser la pression » des contrôles. Cette annonce avait déclenché de vives critiques dans les rangs de l’OFB, qui dispose de pouvoirs de police administrative et judiciaire.

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Le 15 mars, Matignon a fait son annonce à la presse au lendemain d’une réunion avec huit associations environnementales (1), à qui Gabriel Attal a assuré son « engagement de les rencontrer régulièrement ».

Démenti et « ligne rouge »

Quelques heures plus tard, Chambres d’agriculture de France a « formellement démenti » l’annonce gouvernementale. « Aucune convention n’a été votée, ni même présentée au conseil d’administration ou en session de Chambres d’agriculture France », indique un communiqué. « L’attitude de ceux qui veulent nous faire adopter une convention de force est […] exaspérante », a grincé son président Sébastien Windsor, cité dans le démenti. « Il n’est pas question d’examiner, encore moins de signer, une convention sans avoir avancé sur des conditions de contrôle moins oppressantes et stressantes, et surtout, ne plaçant pas l’agriculteur dans un traitement similaire à [celui] d’un délinquant. »

Auditionné au Sénat le 20 mars, le directeur général de l’OFB Olivier Thibault a déclaré que désarmer ses agents serait franchir « une ligne rouge », car ils « sont régulièrement en situation de vrai risque », notamment lors du contrôle d’activités illicites (braconnage, trafic illégal), rapporte l’AFP. Olivier Thibault a affirmé que ses équipes n’ont jamais utilisé leur arme contre un agriculteur, mais a reconnu la nécessité de « faire évoluer la manière de parler » de certains agents aux agriculteurs ou aux élus locaux.

« Faire évoluer la manière de parler »