Pour soutenir leurs agriculteurs victimes de la guerre commerciale lancée par Donald Trump contre la Chine, les États-Unis ont annoncé un nouveau plan de soutien de 16 milliards $. Parallèlement l’administration américaine poursuit ses négociations bilatérales avec Pékin – auprès de qui elle a obtenu un engagement à accroître ses importations de produits agricoles en provenance des États-Unis – mais aussi avec le Japon et peut-être bientôt le Brésil.
Les États-Unis ont annoncé le 25 juillet un nouveau plan de soutien de 16 milliards $ aux agriculteurs pour aider à faire face aux tensions commerciales avec la Chine. Déjà en juillet 2018, les États-Unis avaient débloqué une enveloppe de 12 milliards $ pour soutenir les agriculteurs américains affectés par les représailles douanières déclenchées par des pays tiers (UE, Chine, Mexique, Canada…) en réponse aux taxes à l’importation décidées par Donald Trump (1). Cette fois, les producteurs américains bénéficieront dans les prochains mois d’une enveloppe de 14,5 milliards $ d’aides directes. Les producteurs de grandes cultures recevront une aide dont le niveau est fixé par hectare et par comté, entre 37 et 370 $/ha. Les producteurs laitiers recevront un paiement basé sur leur niveau de production, et pour ceux de porcs, basé sur le nombre d’animaux vivants qu'ils possèdent. Le plan prévoit également un programme d'achat et de distribution d'aliments ainsi qu’un programme de promotion des exportations.
Ce dispositif « garantit que les agriculteurs ne seront pas seuls à faire face à des tarifs douaniers de rétorsion injustifiés pendant que le président Trump continue de travailler pour consolider des accords commerciaux meilleurs et plus solides dans le monde entier », a commenté le secrétaire à l’Agriculture Sonny Perdue.
Discussions commerciales tous azimuts
Les États-Unis multiplient en effet les discussions commerciales bilatérales – notamment avec l’UE (2). Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin se sont rendus à Pékin les 30 et 31 juillet pour relancer les négociations commerciales avec la Chine. Les discussions ont notamment porté sur les questions de propriété intellectuelle, transfert de technologie, barrières non tarifaires, et d’agriculture. Washington a obtenu des engagements de la part de la Chine « à accroître ses achats d'exportations agricoles des États-Unis », notamment de soja. Une nouvelle session de discussions est prévue début septembre, cette fois à Washington.
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Dans la foulée de ce déplacement, Robert Lighthizer recevait à Washington le 1er août le ministre japonais de l’Economie Toshimitsu Motegi pour des pourparlers visant à conclure un mini-accord commercial portant notamment sur les produits agricoles.
Et le président Donald Trump a déclaré le 30 juillet qu'il chercherait à conclure un accord commercial avec le Brésil, comptant sur ses relations amicales avec le président Jair Bolsonaro afin de réduire les barrières commerciales entre les deux pays. « Le Brésil est un grand partenaire commercial. Ils nous font payer beaucoup de taxes, mais à part ça, nous aimons cette relation », a indiqué Donald Trump lors d’une conférence de presse. Mais, a prévenu le vice-ministre brésilien de l'économie en charge du commerce extérieur Marcos Troyjo, toute négociation sur les tarifs douaniers devra inclure les partenaires du Brésil dans le cadre du Mercosur qui comprend également l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay.
(1) Voir n° 3655 du 30/07/2018
(2) Voir même numéro